
Sexualité des jeunes au Nord-du-Québec : une entrée plus précoce qui renforce l’importance de la prévention

Les jeunes du Nord-du-Québec entament leur vie sexuelle plus tôt que la moyenne observée ailleurs dans la province, selon les plus récents résultats de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) 2022-2023. Les données rendues publiques par la Direction de santé publique (DSP) régionale indiquent que l’âge moyen de la première relation sexuelle consensuelle est de 14 ans et demi, soit environ huit mois avant celui enregistré dans le reste du Québec.
Pour Joanie L’Heureux, conseillère en soins infirmiers à la DSP du Nord-du-Québec, cet écart appelle à ajuster les approches en matière d’éducation. « Concrètement, ça signifie qu’on doit commencer à faire de la prévention et discuter de sexualité avec les jeunes dès l’entrée au secondaire, autant à l’école qu’à la maison. »
Une double protection plus répandue dans la région
L’enquête s’est aussi penchée sur les habitudes de protection chez les élèves de 14 ans et plus. Ainsi, 68 % des jeunes disent avoir utilisé un condom lors de leur dernier rapport sexuel. De plus, 52 % affirment avoir opté pour la double protection, c’est-à-dire l’utilisation combinée du condom et d’une méthode contraceptive régulière. Cette proportion dépasse largement celle observée ailleurs au Québec, où elle atteint 39 %. Pour Mme L’Heureux, ces chiffres reflètent les efforts investis localement. « Ce que ça nous dit, c’est que nos activités d’éducation à la sexualité fonctionnent vraiment. On doit continuer dans la même direction. »
Elle rappelle néanmoins que la vigilance demeure de mise. « Ce ne sont pas des moyens efficaces à 100 %, et leur utilisation peut être oubliée. En promouvant les deux ensemble, on augmente la protection contre les grossesses non planifiées et contre les ITSS. » Si l’on compare avec les éditions antérieures de l’enquête, les comportements liés à la protection sexuelle chez les jeunes du Nord-du-Québec restent globalement semblables.
Appuyer les parents dans un contexte nordique particulier
L’EQSJS met de l’avant l’importance d’échanges francs, bienveillants et amorcés tôt autour de la sexualité. Dans une région où les réalités familiales et communautaires sont diverses, la DSP souhaite offrir un soutien concret aux parents. « Quand on fait des campagnes dans les écoles, on envoie toujours un courriel d’information aux parents. Les infirmières scolaires y ajoutent plusieurs ressources pour aider les parents à discuter de ces sujets avec leurs enfants. » Ces initiatives traitent notamment de l’utilisation du condom, des relations respectueuses et égalitaires ainsi que des ressources offertes aux adolescents.
Des services accessibles, gratuits et confidentiels
Pour favoriser la prévention, le dialogue et l’accès aux soins, la Direction de santé publique met en avant plusieurs ressources crédibles et simples d’accès. Les plateformes Tel-jeunes demeurent des références de choix pour les adolescents qui souhaitent poser des questions ou obtenir de l’information, tout comme pour les parents grâce à leurs sections dédiées.
Les jeunes peuvent également rencontrer une infirmière scolaire ou une professionnelle spécialisée en santé sexuelle au Centre régional de santé et de services sociaux (CRSSS) de la Baie-James, où sont offerts dépistage, contraception et conseils personnalisés. Les équipes d’Aire ouverte Baie-James proposent aussi un accompagnement adapté et centré sur les besoins des jeunes. L’ensemble de ces services permet aux adolescents d’avoir accès à de l’information fiable, à un soutien personnalisé ainsi qu’à des soins rapides, le tout dans un cadre sécuritaire, respectueux et strictement confidentiel.




