
Plan Nord : la tournée 2026 met en lumière les besoins pressants de la Baie‑James

La Société du Plan Nord (SPN), multiplie les rencontres sur le terrain pour mieux saisir les besoins des communautés nordiques. Élus, entrepreneurs, organismes communautaires et représentants régionaux ont participé à des sessions d’échange destinées à alimenter la réflexion autour du prochain plan d’action nordique, attendu après 2028.
Menée du printemps à l’automne 2026 sous la houlette du président-directeur général Patrick Beauchesne, cette démarche vise à brosser un portrait à jour des réalités du Nord québécois, notamment de la Baie‑James, un territoire stratégique mais fragilisé par la dévitalisation et la pression exercée sur les services essentiels.
Photo : Hind Dekkar Patrick Beauchesne, président-directeur général de la société du Plan Nord (SPN), lors de la session d’échange du 11 juin 2026 au Centre Civique de Matagami Pour M. Beauchesne, cette tournée est un exercice de projection fondamental. « On prépare l’avenir de la Société du Plan Nord », résume-t-il, rappelant que le plan d’action actuel expire le 31 mars 2028. Il insiste sur la nécessité de tirer parti des dix premières années d’existence de la SPN pour orienter la suite : « On veut comprendre les priorités des gens qui vivent sur le territoire et élaborer une proposition qui pourrait être validée par le gouvernement ».
Lors de leur passage en Jamésie, les équipes de la SPN ont notamment rencontré l’Administration régionale Baie‑James (ARBJ), la Ville de Matagami, le Gouvernement régional Eeyou Istchee Baie‑James (GREIBJ), ainsi que plusieurs entrepreneurs et organismes communautaires. Ces échanges ont fait émerger des préoccupations récurrentes comme le logement, la santé, les services communautaires, le soutien aux entreprises et la formation de la main-d’œuvre. « On a recueilli un éventail très large de préoccupations, et c’est déjà très inspirant », souligne M. Beauchesne, qui voit dans cette diversité un indicateur clair des défis à relever.
Habitation, services essentiels et dévitalisation : les priorités pressantes de la Baie‑James
Pour Julie Simone Hébert, vice-présidente au développement durable et aux partenariats nordiques, les enjeux soulevés en Baie‑James convergent vers un même constat, celui de la fragilité des services de base : « On parle beaucoup d’habitation, mais aussi de services essentiels. La dévitalisation est très marquée et freine la capacité d’attirer de nouvelles personnes », explique-t-elle.
Selon elle, plusieurs municipalités et organisations peinent à maintenir leurs services, ce qui bride leur potentiel de développement :« L’aide gouvernementale devra s’articuler autour de ces services essentiels pour permettre aux communautés d’accueillir de nouveaux arrivants et de bénéficier des grands projets », ajoute-t-elle.
Malgré les difficultés, Mme Hébert souligne la vitalité des milieux rencontrés. « Ce qu’on a ressenti, c’est de l’espoir et de la fierté. Il y a ici des gens motivés, avec de l’énergie et des idées », dit-elle. Ces contributions citoyennes nourriront les recommandations que la SPN soumettra au gouvernement.
Mme Hébert souligne également l’importance stratégique du Nord pour l’ensemble du Québec : « Le territoire représente 72 % du Québec. Peu de gens y habitent, mais les ressources naturelles qu’on y trouve permettent de réfléchir à un avenir pour tous les Québécois ». La SPN entend poursuivre ses travaux en collaboration avec les ministères et organismes concernés, afin de proposer un plan d’action nordique cohérent, ambitieux et ancré dans les réalités locales.
Les échanges tenus à Matagami et dans les communautés avoisinantes contribueront à définir les priorités du prochain plan d’action, dans un contexte de transition énergétique, de diversification économique et de préservation environnementale. La tournée se poursuivra jusqu’à l’automne 2026, avec l’ambition de construire un avenir partagé, fondé sur les besoins exprimés par les communautés nordiques elles-mêmes.




