
Survols non autorisés : un geste dangereux qui paralyse les avions‑citernes dans la région la plus touchée en 2026

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) rappelle que le survol d’un incendie de forêt par un aéronef non autorisé constitue une infraction à la réglementation canadienne et représente un risque sérieux pour les opérations de lutte. Cette mise en garde survient dans un contexte où le Nord-du-Québec demeure, en 2026, la région la plus touchée par les incendies, tant en nombre qu’en superficie brûlée.
Lorsqu’un drone, un avion privé ou tout autre appareil non identifié s’aventure au-dessus d’une zone de combat, les équipes aériennes n’ont d’autre choix que de suspendre leurs manœuvres sur-le-champ. Les avions-citernes, les appareils de surveillance et les hélicoptères travaillent à faible hauteur, souvent dans une visibilité déjà réduite par la fumée, et communiquent entre eux sur des fréquences radio réservées. Une intrusion, même très brève, accroît considérablement les risques de collision et nuit à la fois à la sécurité des équipages et à la rapidité d’intervention.
La loi stipule qu'aucun aéronef ne peut s’approcher d’un feu de forêt à moins de cinq milles marins, et il doit maintenir une altitude minimale de 3 000 pieds au-dessus du sinistre. Ces exigences valent en toutes circonstances, qu’un avis de navigation (NOTAM) ait été émis ou non. Les contrevenants s’exposent à des sanctions financières sérieuses, particulièrement les pilotes de drones, qui risquent des amendes allant jusqu’à 3 000 dollars pour un particulier et 15 000 dollars pour une entreprise.
Par ailleurs, les plus récentes données de la SOPFEU font état de deux incendies en activité, mais la région a déjà perdu plus de 111 000 hectares de forêt depuis le début de la saison. Cela représente près de 87 % de l’ensemble des superficies brûlées au Québec en 2026. Depuis le printemps, 349 incendies ont été recensés dans la province, la foudre étant responsable dans la majorité des cas. Le Nord-du-Québec a été particulièrement éprouvé vers la fin de juin, quand une série d’orages a allumé plus d’une centaine de foyers d’incendie en l’espace de quelques jours.
Sur un territoire aussi vaste et difficile à parcourir, où les feux peuvent s’étendre très rapidement, chaque minute perdue dans les opérations aériennes peut avoir un effet direct sur la progression des flammes. C’est pourquoi la SOPFEU demande instamment aux pilotes, aux utilisateurs de drones et aux voyageurs de respecter scrupuleusement les restrictions aériennes, afin de ne pas rajouter une pression supplémentaire sur des équipes déjà mobilisées aux limites de leurs capacités dans la région.




