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La région Eeyou Istchee Baie‑James prépare son premier Salon du livre nomade

Hind Dekkar
Livres
Publié le 4 août 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Un projet culturel d'envergure commence à germer dans le Nord-du-Québec. L'idée ? Créer le tout premier Salon du livre nomade Eeyou Istchee Baie-James, un événement conçu pour sillonner un territoire immense et varié, avec l'ambition de rendre la littérature accessible à tous et de dynamiser l'offre culturelle régionale. Le départ est envisagé pour septembre 2027, avec pour objectif de tisser des liens entre la population locale et des auteurs d'ici et d'ailleurs.

Ce projet est né d'un constat simple, à savoir l'absence d'événements littéraires dans la région, et d'une conversation informelle. Hélène Desgranges, autrice, entrepreneure et propriétaire de l'entreprise Unicité, raconte que tout a commencé avec un message d'une intervenante du milieu communautaire, qui déplorait le manque d'infrastructures dédiées à la littératie.

Pour que ce projet voie le jour et tienne la route, il fallait un organisme solide pour le porter. Après plusieurs échanges avec des acteurs régionaux comme Hamster de Chibougamau et le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) de la Jamésie, le projet a trouvé son ancre, l'organisme la Clé d'Accès en sera le maître d'œuvre.

Une logistique nomade placée sous le signe de la proximité

Sur le terrain, l'événement mise sur une formule légère et itinérante pour couvrir de grandes distances. Le plan prévoit une tournée de deux semaines à travers la Jamésie et les communautés cries, avec dix auteurs à bord de véhicules aménagés ou de vans tirant une remorque. Au programme, des visites scolaires le jour et des rencontres grand public le soir.

L'ambiance se veut résolument intime, dans l'esprit des salons régionaux à échelle humaine, pour favoriser de vrais échanges entre créateurs et lecteurs : « J'aimerais que ce soit un vrai salon, où les auteurs se sentent comme chez eux, et que les visiteurs aient le temps de s'asseoir, de prendre un moment pour discuter avec eux », explique l'autrice.

Représentativité, diversité et partenariats

Le principal défi reste l'immensité du territoire et sa dualité linguistique. Pour que le salon reflète bien la diversité des dix localités visitées, l'organisation souhaite mêler des auteurs jamesiens, cris et invités d'autres régions du Québec. Des discussions sont en cours avec des maisons d'édition spécialisées, notamment les Éditions Hannenorak de Wendake, pour intégrer une offre riche de littérature autochtone.

Même si les communautés cries sont majoritairement anglophones, l'initiative veut servir de pont pour l'échange et l'apprentissage culturel, notamment via les réseaux scolaires. « Le Salon du livre sera francophone, mais cela peut être une belle occasion pour eux de rencontrer des auteurs francophones sur leur propre territoire. »

Alors que la phase de montage financier et de conception débute, en vue du lancement de septembre 2027, le modèle repose sur une combinaison de subventions culturelles régionales et d'autofinancement, avec la participation des maisons d'édition. Au-delà de la vente de livres, le salon proposera des activités de médiation culturelle pour garantir des retombées durables en matière de littératie, auprès des jeunes comme des communautés. Ce projet pionnier suscite déjà un vif intérêt, tant dans la région qu'à l'extérieur :

« Quand les gens apprennent que je travaille sur ce projet dans le Nord-du-Québec, ils expriment le souhait de bénéficier d’une initiative similaire, soulignant que l’accès à un salon du livre demeure parfois limité pour une partie importante de la population. »

Les préparatifs se poursuivent pour concrétiser, dans un peu plus d'un an, la première édition de ce rendez-vous littéraire mobile unique en son genre.