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Entre besoins croissants et offre limitée, le logement devient un enjeu majeur pour les services essentiels

Hind Dekkar
Ville de Chapais
Publié le 17 août 2026 par Hind DekkarPhoto : Ville de Chapais


Alors que l'automne est à nos portes et que les effectifs reviennent en force dans les services essentiels, les municipalités du Nord-du-Québec se retrouvent face à un défi de taille, celui de trouver un toit pour les travailleurs et leurs familles. Entre la pénurie de logements locatifs et des listes d'attente qui s'allongent, les administrations locales doivent redoubler d'ingéniosité pour ouvrir de nouveaux espaces résidentiels.

Un marché sous pression constante

Dans plusieurs localités de la Jamésie, dénicher un logement pour la rentrée relève parfois du parcours du combattant. La reprise des activités dans la santé, l'éducation, les services municipaux ou encore le secteur minier amène chaque année son lot de nouveaux arrivants. Mais l'offre locative, elle, a bien du mal à suivre le rythme.

Les chiffres compilés par l'Office municipal d'habitation (OMH) de Chibougamau et les partenaires régionaux en habitation le confirment que la pression s'est intensifiée sur les logements à loyer modique comme sur le marché privé. Résultat, de nombreux ménages et personnes seules attendent toujours une solution stable.

Les travailleurs essentiels recrutés à l'extérieur de la région sont parmi les plus touchés. Certains doivent reporter leur arrivée, d'autres se rabattent sur des solutions temporaires, souvent coûteuses.

Devant un parc immobilier saturé, les gouvernements locaux décident de prendre les choses en main pour libérer du terrain constructible, la Ville de Chibougamau a d’ailleurs contracté un emprunt de 3,44 millions de dollars pour aménager le secteur de la rue des Aurores, près du chemin Merrill. L'objectif est de créer plusieurs dizaines de terrains résidentiels supplémentaires pour répondre à une demande qui ne cesse de grimper.

Du côté de Lebel-sur-Quévillon et de Matagami, on mise sur les comités d'accueil civique et des partenariats interculturels pour faciliter l'installation des nouveaux venus et tirer le meilleur parti des logements disponibles.

Et l'État dans tout ça ?

Au palier provincial, la Société d'habitation du Québec (SHQ) et le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (MAMH) appuient les initiatives locales via le Programme de supplément au loyer (PSL) et des enveloppes de réhabilitation comme RénoRégion.

Reste que les acteurs régionaux le répètent à qui veut l'entendre, les règles d'aide au développement résidentiel doivent être repensées pour tenir compte des réalités nordiques. Transport des matériaux, coûts de construction, logistique... Tout est plus cher dans le Nord, et la facture par unité bâtie s'en ressent lourdement.