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Des travaux scientifiques bousculent les approches de restauration minière en climat nordique

Hind Dekkar
Travaux miniers
Publié le 13 août 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


En milieu nordique, le froid a longtemps été perçu comme un frein naturel aux réactions chimiques dégradant la qualité de l'eau près des sites miniers. Les travaux d'Elaura Seutin, tout juste titulaire d'un doctorat en génie minéral à l'Institut de recherche en mines et en environnement (IRME) de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), viennent toutefois nuancer cette idée bien ancrée. Et ils apportent un éclairage précieux pour l'avenir environnemental du secteur minier.

Sa thèse, soutenue avec succès le 26 juin 2026, s'intitule « Comportement hydrogéochimique de stériles miniers générateurs de drainage neutre contaminé en arsenic en conditions froides ». Derrière ce titre technique se cache une question essentielle : comment les stériles miniers — ces roches sans valeur commerciale, mais exposées à l'air et aux précipitations — libèrent-ils des contaminants dans l'environnement ?

L'eau liquide, un facteur clé pour l'arsenic

L'étude s'est concentrée sur un gisement situé au Nunavut, où l'on trouve de la gersdorffite, un minéral riche en nickel et en arsenic. Pour mener son enquête, la chercheuse a combiné des échantillonnages sur le terrain, des analyses en laboratoire étalées sur près d'un an et des modélisations numériques à long terme.

Les résultats ont démontré qu'une baisse du thermomètre et un contrôle de la granulométrie des roches ne suffisent pas à stopper le processus. Tant qu'il reste de l'eau à l'état liquide dans le massif de stériles, l'arsenic continue de se dissoudre et de s'infiltrer. En d'autres termes, c'est avant tout la dynamique de l'eau, son volume retenu et sa capacité à circuler, qui détermine le niveau de contamination, bien plus que la température elle-même.

Quelles conséquences pour la Baie-James ?

Ces avancées dépassent largement le cadre du Nunavut et concernent directement la Baie-James. Avec l'essor des projets miniers axés sur les métaux critiques et stratégiques dans le Nord-du-Québec, les minéralisations complexes posent un défi de taille, celui du drainage neutre contaminé.

Pour les exploitants actuels ou futurs dans le bassin de la Baie-James, ces résultats remettent en question certaines approches de confinement qui reposaient surtout sur le maintien du pergélisol ou le gel saisonnier. Ils encouragent plutôt l'industrie à repenser ses plans de restauration, en misant sur des barrières anti-infiltration et des systèmes de gestion des eaux plus robustes, afin de réduire au minimum la présence d'eau liquide au cœur des dépôts de stériles.