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Prévention des incendies : des conseils uniformes, mais une réalité nordique particulière

Hind Dekkar
SOPFEU
Publié le 12 août 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Plutôt que de miser uniquement sur les moyens d’extinction, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) tente une autre approche, celle de convaincre les propriétaires de rendre leurs bâtiments moins vulnérables aux incendies de végétation. Dans le Nord-du-Québec, où la zone forestière couvre plus de 350 000 kilomètres carrés, les résineux et les vents forts compliquent la donne. L’initiative rappelle que la sécurité des communautés se joue d’abord à l’échelle locale, autour des maisons.

Pour y arriver, l’organisme a lancé la plateforme web « Protégez votre habitation », remplie de conseils concrets. Une campagne grand public accompagne le tout, avec le personnage de « Carole ». On la retrouve dans des capsules vidéo, des messages radio et sur les réseaux sociaux, toujours avec le même objectif, inciter la population à passer à l’action.

Les règles d’aménagement s’appliquent uniformément partout au Québec, mais la réalité du terrain varie. Dans le Nord, l’abondance d’épinettes et de pins gris impose une vigilance particulière quand il s’agit de gérer les matières combustibles près des structures :

« Les conseils restent les mêmes, peu importe où on se trouve au Québec. Par contre, le temps de l’année et la façon d’apporter ces actions peuvent changer. Dans le Nord, le type de végétation exige vraiment de s'assurer de bien élaguer autour du bâtiment », explique Melanie Morin, conseillère à la prévention et aux communications à la Direction régionale de l’Ouest de la SOPFEU.

Pour rappelle, la province compte en moyenne 480 feux de forêt par année, et qu’une part importante se déclenche à proximité des secteurs habités ou des zones de villégiature.

Des gestes simples aux rénovations plus ambitieuses

L’organisme propose douze recommandations prioritaires, qui vont du simple ménage extérieur à des travaux plus importants. Le premier réflexe à adopter est de débarrasser le sol de tout ce qui peut brûler. C’est le moyen le plus rapide de couper la route aux feux de surface, souvent alimentés par les étincelles et les tisons poussés par le vent.

Au quotidien, tondre le gazon régulièrement, nettoyer les gouttières et éloigner la pile de bois de chauffage de la résidence font déjà une grande différence. Ceux qui veulent renforcer leur maison peuvent élaguer les branches basses, remplacer les bardeaux fragiles par des matériaux ignifuges et installer un pare-étincelles sur la cheminée. « Le but ultime, c'est que si un incendie se propage vers la maison, on veut limiter son intensité et la rapidité avec laquelle il va se rendre aux habitations », souligne Mme Morin.

Des contraintes à évaluer au cas par cas

Tout n’est pas toujours aussi simple, il faut le reconnaître. Le statut d’occupation, les matériaux disponibles sur place ou encore les règles encadrant la coupe d’arbres sur les terres du domaine de l’État obligent à adapter les consignes. Mais certaines actions restent accessibles à tous.

« Ça va changer si nous sommes propriétaires du bâtiment ou non, ou si nous sommes sur une forêt dont nous avons l'autorisation de couper des arbres. Par contre, il y a certaines activités qui sont simples et peu coûteuses pour nettoyer son terrain. »

Dans un Québec où près de 80 % des incendies forestiers sont causés par l’activité humaine, la responsabilisation des citoyens s’impose comme un levier incontournable. C’est elle qui permettra de protéger les habitations, les infrastructures et, au bout du compte, des vies.