
Une campagne de dépistage du radon pour mieux protéger la santé publique à la Baie-James

La Direction de santé publique du Nord-du-Québec (DSPNQ), en collaboration avec plusieurs municipalités de la Baie-James, met en place une démarche régionale pour simplifier le dépistage du radon dans les résidences. Des détecteurs électroniques seront remis gratuitement à la population. Une initiative que le Dr Stéphane Trépanier, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive, décrit comme une « action concrète pour diminuer un risque évitable pour la santé des poumons ».
Un gaz naturel discret, mais à surveiller
Le radon est un gaz radioactif qui provient de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans le sol. Incolore, inodore et indétectable sans appareil, il peut s’infiltrer dans les habitations et s’y concentrer au fil du temps. Dans le Nord-du-Québec, environ 9,1 % des maisons présentent des niveaux supérieurs aux recommandations de Santé Canada. Bien que ce chiffre soit en dessous de la moyenne québécoise, il demeure suffisamment élevé pour justifier des actions préventives. « On ne peut pas deviner la présence du radon : il faut absolument le mesurer », souligne le Dr Trépanier. Les appareils offerts sont faciles à utiliser et permettent une prise de mesure sur une période de 30 jours, ce qui constitue le minimum requis pour obtenir des résultats fiables.
Des solutions efficaces et souvent simples
Lorsque des concentrations élevées sont détectées, plusieurs options s’offrent aux propriétaires. Le médecin rappelle d’abord l’importance d’une bonne aération : « Améliorer la ventilation ou ouvrir les fenêtres lorsque c’est possible permet déjà de réduire la concentration de radon à l’intérieur. » Il est aussi possible de limiter l’entrée du gaz par le sol, notamment en colmatant les fissures dans la dalle du sous-sol. « C’est une intervention simple, peu coûteuse et souvent très efficace », précise-t-il. Pour des solutions à plus long terme, des travaux spécialisés, comme la dépressurisation de la dalle, peuvent être envisagés. Selon le Dr Trépanier, ces méthodes offrent de bons résultats et ne sont pas nécessairement hors de portée financière.
Un risque accru chez les fumeurs
Le radon représente la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. Lorsque les deux facteurs sont combinés, le risque augmente de façon importante. Le Dr Trépanier profite donc de l’occasion pour adresser un message aux personnes qui fument : « C’est un bon moment pour chercher de l’aide afin de réduire ou d’arrêter le tabac. En agissant, on peut éliminer au moins l’un des deux risques évitables. »
Il estime que la distribution gratuite des détecteurs contribuera non seulement à informer la population, mais aussi à encourager des gestes concrets pour réduire un danger encore trop peu connu. « Mesurer le radon et intervenir lorsque nécessaire peut réellement avoir un impact positif sur la santé respiratoire. »
Une mise en place graduelle dans les municipalités
Les détecteurs seront disponibles progressivement dans différentes municipalités de la région. À Chapais, ils pourront être récupérés au bureau municipal. À Chibougamau et à Lebel-sur-Quévillon, ils seront offerts à la bibliothèque municipale, tandis qu’à Matagami, la distribution se fera à l’hôtel de ville. D’autres communautés, dont Radisson, s’ajouteront au programme au fil de l’année.
Chaque trousse comprend un moniteur électronique ainsi que les consignes nécessaires pour effectuer un dépistage adéquat. Les citoyens sont invités à rester à l’affût des communications municipales afin de connaître les dates précises de distribution. Le Dr Trépanier rappelle enfin que mesurer la concentration de radon demeure la seule façon de savoir si ce gaz est présent dans une habitation et encourage la population à profiter de cette initiative.




