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Manque de temps et coût des aliments : pourquoi 25 % des élèves de la Baie-James ne déjeunent pas le matin

Hind Dekkar
une jeune qui déjeune
Publié le 11 mars 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Un élève du secondaire sur quatre arrive à l’école sans avoir mangé le matin dans la région, révèlent les données sur l’alimentation de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS). Pour Julie Paquin, diététiste-nutritionniste au Centre régional de santé et de services sociaux (CRSSS) de la Baie-James, la situation est préoccupante et représente un véritable enjeu de santé publique.

« Chaque jour, 25 % des jeunes ne prennent pas le petit-déjeuner avant d’arriver à l’école. Et ça, c’est quand même très inquiétant », souligne-t-elle.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi les adolescents sautent le premier repas de la journée, mais selon Mme Paquin, un élément revient fréquemment; à savoir, les matins trop pressés : « Les adolescents priorisent le sommeil et se lèvent à la dernière minute », explique-t-elle. Dans ces conditions, le déjeuner passe souvent au second plan.

Pour aider les familles à trouver des solutions simples, rapides et abordables, la nutritionniste suggère notamment des fruits prêts à manger, des barres nutritives maison, des laits aromatisés, des smoothies, des mélanges de noix et de fruits ou encore des muffins préparés à l’avance. « Ce sont des options attrayantes pour les jeunes et faciles à emporter », dit-elle. Dans un contexte où plusieurs ménages doivent composer avec un budget serré, elle recommande également de privilégier les produits de saison, de limiter le gaspillage alimentaire et d’utiliser des fruits et légumes congelés, souvent moins coûteux.

Dans le Nord-du-Québec, l’accès aux aliments et le coût élevé du panier d’épicerie représentent des défis supplémentaires. Les milieux scolaires doivent donc ajuster leurs initiatives. Le CRSSS de la Baie-James met notamment l’accent sur l’éducation nutritionnelle, en organisant des ateliers, des dégustations et des kiosques dans les écoles, particulièrement durant le Mois de la nutrition en mars. Il valorise aussi les aliments disponibles localement et propose des recettes simples et économiques que les jeunes peuvent facilement essayer à la maison.

Adapter le Guide alimentaire canadien

Le Guide alimentaire canadien propose que la moitié de l’assiette soit composée de fruits et légumes, qu’un quart soit réservé aux aliments protéinés et qu’un autre quart soit constitué de grains entiers. Toutefois, dans un contexte nordique, ces recommandations doivent parfois être ajustées selon ce qui est réellement disponible en magasin. « Il faut tenir compte des aliments réellement accessibles et opter pour des versions économiques », rappelle la nutritionniste. Les œufs et les produits laitiers, par exemple, demeurent des sources de protéines relativement abordables.

Une consommation de fruits et légumes encore insuffisante

L’enquête met aussi en lumière un autre enjeu : trois élèves sur quatre ne consomment pas les cinq portions quotidiennes recommandées de fruits et légumes. « C’est un constat similaire aux années antérieures et comparable au reste du Québec », observe Mme Paquin. Cette tendance se remarque également chez les adultes, ce qui montre que le défi dépasse le cadre scolaire et touche plus largement les habitudes alimentaires.

Dans le cadre du Mois de la nutrition, les diététistes du Canada mettent de l’avant le thème « Bien se nourrir pour s’épanouir », qui rappelle que l’alimentation ne répond pas seulement à des besoins physiques, « la nutrition joue aussi un rôle social et culturel. Elle peut nous rassembler », souligne Mme Paquin. Enfin, elle encourage les familles à « avoir du plaisir à manger chaque jour » et à consulter les ressources offertes sur les sites des Diététistes du Canada et du Guide alimentaire canadien.