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50 ans de la Société d’histoire de la Baie-James : vers un réseau d’archives à l’échelle régionale ?

Nicolas Fivel
Ce vaste projet, dont les documents sont encore en cours de numérisation, nécessite toutefois de nombreuses démarches liées aux droits d’auteur et à la recherche de documents disparus.
Publié le 10 mars 2026 par Nicolas FivelEspace intimiste dans une bibliothèque / Photo : Pexels

À l’approche de son 50ᵉ anniversaire en 2027, la Société d’histoire de la Baie-James (SHBJ) anticipe un ambitieux projet qui cherchera à rapprocher les archives de la population. L’organisation régionale souhaite mettre en place des espaces intimistes garantissant la consultation de documents, à la fois physiques dans plusieurs bibliothèques municipales du territoire, mais aussi numériques.

Les communautés de Chapais, Lebel-sur-Quévillon, Matagami, Radisson, Villebois et Valcanton pourraient ainsi accueillir ces nouveaux points d’accès au patrimoine régional dès l'année prochaine. À terme, l’objectif est de permettre aux Jamésiens et Jamésiennes d’explorer plus facilement des archives journalistiques et historiques souvent inaccessibles.

De nouveaux espaces au cœur des bibliothèques municipales

Selon la directrice-archiviste de la SHBJ, Marie-Claude Duchesne, la création de ces espaces répond à une réalité bien connue à la Baie-James : l’éloignement entre les communautés.

« En étant une organisation régionale, l’une de nos préoccupations est de réduire les distances entre nos villes pour que les résidents d’un peu partout sur le territoire puissent bénéficier de ces espaces-là », explique-t-elle.

Concrètement, ils seront aménagés directement dans les bibliothèques municipales, où les citoyens pourront y consulter des ouvrages historiques, des revues spécialisées et diverses ressources documentaires consacrées à l’histoire régionale.

En multipliant ces pôles d’accès, la Société d’histoire de la Baie-James espère faciliter la transmission du patrimoine et encourager les citoyens à redécouvrir leur histoire locale ; celle-là même qui a participé au façonnage de la Baie-James.

Un vaste chantier de numérisation des archives

En parallèle de ces installations physiques, la SHBJ développera également un volet numérique avec l’ajout d’une nouvelle section sur le site internet de l’organisation.

Cette partie du site permettra notamment d’examiner d’anciens journaux numérisés, dont certains titres aujourd’hui disparus. Parmi eux figurent par exemple le Courrier de Chibougamau, publié à deux reprises à la fin des années 1940, ou encore L’Écho de Chapais, diffusé durant les années 1960.

Cependant, la réalisation d’un tel projet — majoritairement soutenu par la Société du Plan Nord — demande un travail pharaonique, nécessitant entre autres l’implication d’une personne à temps plein.

Le défi des droits d’auteur : véritable contrainte logistique

Au-delà du travail technique de numérisation, l’un des principaux obstacles demeure la question des droits d’auteur. « Chaque document produit – que ce soit une photo ou un journal – est soumis à un droit d’auteur. Avant de pouvoir les mettre en ligne, il faut s’assurer de faire des démarches auprès des détenteurs de droits », précise Marie-Claude Duchesne.

Bien que la collaboration avec les partenaires régionaux et provinciaux s’avère positive jusqu’à maintenant, le processus de numérisation est à ce jour encore loin d’être terminé : moins de la moitié du corpus documentaire a été traité, rendant difficile l’établissement d’un échéancier précis pour inaugurer ces nouveaux espaces d’archives.

À la recherche des archives disparues

La SHBJ lance également un appel à la population dans l'optique de mettre la main sur certains anciens journaux locaux ayant cessé leur parution. L’organisation régionale met tout en œuvre pour retrouver le Matagami News, diffusé dans les années 1960, ainsi que le Courrier de Lebel-sur-Quévillon, publié à partir du milieu des années 1970.

« On les recherche activement parce que ça serait vraiment important pour nous de pouvoir offrir une variété de sujets couverts, mais aussi de villes et de localités. On continue de travailler afin de pouvoir offrir ça », conclut la directrice-archiviste.

Si ces documents refont surface grâce à la contribution citoyenne, ils permettraient d'enrichir un patrimoine documentaire déjà fourni et appelé à devenir plus accessible d'ici l’année 2027.