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Services et intégration : la Baie-James cherche à adapter ses politiques à la réalité des régions éloignées

Hind Dekkar
Des personnes dans un aéroport
Publié le 19 février 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


L’immigration prend une place de plus en plus importante dans les discussions sur l’avenir des municipalités à la Baie-James. Pour plusieurs acteurs du milieu, il ne s’agit plus d’un simple enjeu parmi d’autres, mais d’un véritable moteur pour maintenir la vitalité des communautés. Cette volonté commune s’est concrétisée en 2024 par la remise d’un cahier de propositions au gouvernement provincial, afin de faire entendre les besoins spécifiques du territoire. Du côté fédéral, la ministre des Services aux Autochtones du Canada et députée d’Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou, Mandy Gull-Masty, reconnaît également la nécessité d’ajuster les services aux réalités propres aux régions éloignées.

Une volonté régionale affirmée

Depuis plusieurs années déjà, les représentants municipaux et communautaires soutiennent que l’immigration constitue un levier essentiel pour freiner la baisse démographique, appuyer les entreprises locales et préserver les services publics. Le document transmis à Québec en 2024 met d’ailleurs l’accent sur l’importance de donner aux municipalités les outils nécessaires pour bien accueillir et accompagner les nouveaux arrivants. Pour plusieurs organisations, la question ne se limite pas à combler des postes vacants. Elle touche aussi à la cohésion sociale, à l’enrichissement culturel et à la capacité des communautés à se renouveler et à se projeter dans l’avenir.

Lors de ses récent déplacements dans la région, Mandy Gull-Masty affirme avoir pu constater l’engagement des organismes locaux. Elle souligne que son équipe travaille à rapprocher les services fédéraux des citoyens vivant dans les villes et villages plus isolés.

Dans le cadre de son mandat de députée, elle dit avoir rencontré de nombreuses organisations dont la mission est d’accompagner et de soutenir les gens. Pour mieux répondre aux besoins, son bureau a instauré un service mobile qui se rend régulièrement dans les petites localités : « Des membres de mon équipe quittent le bureau principal de Val-d’Or ou celui de Chibougamau à raison de deux fois par mois afin de visiter les villages environnants. L’objectif est d’informer la population sur les services offerts et d’apporter une aide concrète, notamment pour les démarches liées à l’immigration. »

La ministre insiste toutefois sur un point : il ne s’agit pas de remplacer ou de reproduire le travail déjà accompli par les organismes du territoire. Selon elle, plusieurs structures sont déjà actives pour soutenir les citoyens, créer des réseaux et favoriser l’intégration au sein de la communauté. Le rôle du gouvernement fédéral doit donc venir en appui, sans alourdir ou dédoubler les efforts existants. Elle mentionne notamment l’organisme Agora Boréal, qu’elle considère comme un exemple inspirant d’engagement local, saluant la qualité du soutien offert aux nouveaux arrivants et à la population en général.

Un choix déterminant pour l’avenir

Pour les élus et les intervenants régionaux, l’immigration s’impose désormais comme un axe central du développement. Les démarches entreprises auprès des gouvernements provincial et fédéral traduisent une volonté partagée d’adapter les politiques publiques aux réalités nordiques. Dans un contexte marqué par la pénurie de main-d’œuvre et la fragilité de certains services, plusieurs estiment que la capacité des régions à attirer et à retenir de nouveaux résidents jouera un rôle clé dans leur avenir économique et démographique.