
Pour assurer sa pérennité, Chapais demande une reconnaissance formelle de sa condition nordique

« Tout ce que nous demandons, c’est d’être entendus. Ce que nous proposons pourrait bénéficier à Chapais, mais aussi à d’autres communautés de la région. »
— Jacques Fortin, maire de Chapais
Alors que l’avenir économique de Chapais se joue, la ville se montre prête à agir, mais attend désormais un signal clair du gouvernement du Québec. C’est le message que le maire Jacques Fortin a répété au cours de plusieurs entrevues et rencontres politiques récentes. Selon lui, la situation est sans équivoque : « Chapais s’est pris en main. Nous avons identifié nos défis et agi de manière responsable », affirme-t-il.
Une ville proactive qui refuse l’attentisme
Face à une conjoncture économique fragile, Chapais a choisi une approche proactive. La municipalité a préparé un mémoire stratégique, ciblé et réaliste, qui sera présenté à Québec les 25 et 26 février 2026. Ce document propose des mesures concrètes pour relancer la ville et renforcer son rôle dans le développement du Nord. Le maire précise : « La ville ne cherche pas des solutions toutes faites. Nous les avons déjà identifiées. Les projets sont prêts, concrets, chiffrés et rapidement applicables. »
Ces initiatives concernent le développement minier, les infrastructures municipales, la transformation locale des ressources et la logistique régionale
Un statut particulier pour les villes nordiques
Au cœur du message de Chapais se trouve une demande clé; à savoir, la reconnaissance officielle d’un statut particulier pour les municipalités nordiques. Jacques Fortin souligne que l’isolement géographique crée des réalités différentes de celles des villes du sud. « Traiter Chapais comme une ville du sud serait une erreur. Il faut reconnaître cette réalité pour assurer sa vitalité », insiste-t-il. Cette reconnaissance permettrait d’adapter les programmes gouvernementaux, de corriger certaines inégalités fiscales et de mieux soutenir les services publics essentiels.
Un levier stratégique pour le Plan Nord
Chapais se positionne comme un acteur stratégique du développement nordique. Sa localisation, ses infrastructures et son potentiel logistique en font, selon le maire, « un point d’ancrage naturel pour propulser l’économie du Nord au bénéfice de tout le Québec ».
La ville met en avant sa position stratégique pour une future voie ferrée, capable de renforcer les infrastructures existantes, ainsi que son potentiel pour développer une cour de transbordement et une usine de première transformation du minerai. Sa proximité avec Chibougamau crée un bassin économique intégré et complémentaire. Le maire rappelle que chaque dollar investi à Chapais a un effet multiplicateur au-delà des frontières municipales, et souligne l’avantage rare d’une forte acceptabilité sociale pour les projets miniers.
Chapais se distingue également par une forte cohésion locale autour du développement économique. « L’acceptabilité sociale est là. Les citoyens, l’administration municipale et les partenaires économiques avancent dans la même direction. C’est un atout rare et précieux », note Jacques Fortin. La ville a multiplié les rencontres avec les entreprises minières pour réaffirmer son ouverture à des projets responsables et structurants.
Un appel direct au gouvernement
Après avoir accompli « le travail politique », Chapais estime que la balle est maintenant dans le camp du gouvernement. « Le gouvernement détient la clé. Certains leviers relèvent uniquement du Québec : infrastructures, programmes adaptés, équité fiscale, présence de services publics », rappelle le maire. D'un autre côté, il avertit : « Sans action gouvernementale, le risque est réel. L’inaction fragilise la ville et menace un maillon stratégique du développement nordique. » Pour lui, il s’agit d’une opportunité historique de faire de Chapais un pilier durable du Plan Nord.
Des mesures structurantes déjà identifiées
Le mémoire présenté à Québec repose sur quatre priorités. Il propose de soutenir le développement économique, notamment via le projet minier de XXIX Metal Corp., et de financer l’étude d’une cour de transbordement et d’une usine de première transformation. Il recommande ensuite d’adapter les programmes gouvernementaux aux réalités nordiques, en augmentant les investissements dans les infrastructures municipales et en renforçant les installations sportives et récréatives.
Le troisième axe vise à assurer plus d’équité pour les municipalités du Nord, en ajustant les limites territoriales, en compensant certains services et en améliorant les mesures fiscales et de logement pour les citoyens et entreprises. Enfin, le mémoire insiste sur le renforcement de la présence gouvernementale sur le territoire, avec l’achèvement des travaux du CLSC, l’implantation d’un centre de services gouvernementaux ou de formation professionnelle, et l’aménagement d’un poste de contrôle routier et d’une aire de repos sur la route 113.
Le maire souligne toutefois, l’appui du député d'Ungava Denis Lamothe et de l’équipe du ministre responsable de la région du Nord-du-Québec Ian Lafrenière, qui ont permis l’organisation de rencontres ministérielles cruciales. En conclusion, Jacques Fortin rappelle que la ville a fait tout ce qu’elle pouvait : les solutions sont prêtes et les partenaires engagés. Il ne reste qu’une décision ferme du gouvernement pour transformer cette planification en actions concrètes.




