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Matagami double le plafond de sa réserve « eau et voirie » pour sécuriser ses investissements en infrastructures

Hind Dekkar
Hôtel de Ville de Matagami
Publié le 17 février 2026 par Hind DekkarHôtel de Ville de Matagami / Photo : Hind Dekkar


Lors de sa 986e séance ordinaire, le conseil municipal de Matagami a approuvé une résolution visant à augmenter le montant maximal de la réserve financière consacrée aux infrastructures d’eau potable et de voirie. Jusqu’à présent fixée à 1M$, cette enveloppe pourra désormais atteindre 2M$. Autrement dit, la Ville se dote d’un coussin financier deux fois plus important pour faire face aux travaux majeurs.

Le maire René Dubé a souligné que les projets touchant les réseaux d’aqueduc, d’égout ou encore les routes représentent des dépenses considérables pour une municipalité comme Matagami : « Quand on parle de travaux importants en eau ou en voirie, les montants grimpent vite », a-t-il mentionné, rappelant que la Ville doit aussi prévoir sa part lorsqu’elle bénéficie de programmes d’aide gouvernementaux. « Si on veut aller chercher ces subventions, il faut être capables de mettre notre contribution sur la table. »

Au Québec, les programmes offerts par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) ou encore par le Fonds pour l’infrastructure municipale d’eau (FIMEAU) exigent généralement que les municipalités assument entre 10 % et 33 % du coût total des projets. Pour une petite ville, disposer d’une réserve suffisante devient donc un atout essentiel pour accéder à ces aides financières.

La Loi sur les cités et villes autorise les municipalités à créer des réserves financières destinées à des usages précis, notamment pour les infrastructures. Ces fonds permettent d’amortir les écarts budgétaires et d’éviter d’imposer des hausses soudaines de taxes lors de travaux d’envergure. Dans le cas de Matagami, les réalités nordiques compliquent la donne, conditions climatiques rigoureuses, cycles de gel et de dégel plus marqués, transport des matériaux sur de longues distances. Tous ces éléments font grimper les coûts de construction et d’entretien. Le maire a précisé que la municipalité a progressivement constitué cette réserve au fil des ans, et que la loi lui permet maintenant d’en relever le plafond jusqu’à 2M$.

Une gestion flexible des surplus

La résolution adoptée donne à la directrice des finances et trésorerie la possibilité d’alimenter la réserve en fonction des résultats financiers annuels. Lorsqu’un surplus est constaté en fin d’exercice, une portion déterminée pourra être versée au fonds dédié aux infrastructures. Comme l’a expliqué le maire, certaines années apportent de bonnes surprises budgétaires, tandis que d’autres projets prévus sont reportés, ce qui peut générer des excédents. Une part de ces sommes pourra ainsi être mise de côté pour les besoins futurs.