
Baie‑James, Eeyou Istchee et Nunavik collaborent à un portrait commun des compétences touristiques

Le secteur touristique du Nord-du-Québec se lance dans une vaste réflexion sur sa main-d'œuvre. Tourisme Baie-James, le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), Eeyou Istchee Tourism et Tourisme Nunavik, collaborent afin d’établir un premier tableau complet des compétences disponibles, des besoins à combler et des lacunes à corriger sur l'ensemble du territoire nordique.
Un portrait statistique enfin adapté aux réalités du Nord
Jusqu'à maintenant, les chiffres concernant l'emploi touristique dans le Nord-du-Québec étaient fusionnés avec ceux de la Côte-Nord. Une situation qui empêchait de saisir finement les particularités des trois entités administratives du secteur, soit la Baie-James, Eeyou Istchee et le Nunavik.
Pour mener ce diagnostic, une approche combinée a été privilégiée, mêlant sondages, entretiens ciblés et groupes de discussion auprès des entreprises et organismes locaux. L'objectif est de faire ressortir les acquis et les aptitudes à renforcer pour soutenir la progression de l'industrie. Isabelle Milord, directrice générale de Tourisme Baie-James, résume bien l'esprit de la démarche :
« Ce qu'on veut, c'est obtenir une image fidèle des compétences réellement présentes dans notre industrie touristique. Le secteur bouge vite, les voyageurs ont des attentes qui se transforment, et les conditions dans le Nord n'ont rien à voir avec celles du reste de la province. »
La réussite de cette collecte repose sur l'engagement des trois associations touristiques régionales (ATR). Chacune d'elles fera appel à ses membres afin d'assurer une représentation solide des acteurs du milieu et produire des données solides, capables d'éclairer les choix en matière de formation et d'orientation stratégique. « Avant tout, c'est un outil de développement. Les compétences doivent progresser au même rythme que l'industrie, et l'implication de chaque région nous garantit un reflet juste de nos situations respectives », ajoute Mme Milord.
Les défis particuliers de la Baie-James
Dans la région, le vivier de candidats est limité, ce qui complique à la fois l'attraction et la fidélisation du personnel. Mais cette rareté a aussi un effet inattendu, celui de pousser les travailleurs à développer des profils étonnamment polyvalents.
« Ici, dans le Nord, le manque de main-d'œuvre nous amène à cultiver des savoir-faire remarquables. Les gens sont débrouillards et habitués à composer avec l'immensité du territoire. C'est une vraie richesse pour nos communautés. »
Prochaines étapes et échéancier
Les résultats de ce diagnostic serviront notamment à ajuster les offres de formation, à affiner les stratégies d'attractivité et à guider la répartition des investissements régionaux. Tourisme Baie-James entend également poursuivre sa collaboration avec Attraction Baie-James et maintenir le déploiement d'initiatives en gestion des ressources humaines, comme le projet VäHumania.
Concrètement, le processus est déjà enclenché et l'envoi du questionnaire aux membres des différentes ATR est prévu pour début septembre 2026, suivi de relances régulières pour maximiser la participation. Une fois les données analysées, un rapport régional complet sera produit, assorti de recommandations par secteur, de statistiques localisées et d'indicateurs de gestion destinés à faciliter la prise de décision des entreprises.




