
Nuvau Minerals lance une nouvelle étude économique pour la relance du camp minier de Matagami

Nuvau Minerals a officiellement lancé une nouvelle étude économique préliminaire (PEA), un rapport technique rigoureux conçu pour restructurer et optimiser la relance du camp minier de Matagami, un secteur clé de l'industrie minière québécoise.
Cette version actualisée repose notamment sur l’intégration des opérations de la mine Bracemac-McLeod et de son prolongement, McLeod Deep. En misant sur un site déjà entièrement autorisé, Nuvau Minerals peut repenser en profondeur le plan de développement initial, celui de la PEA de 2023. L’idée est de tirer parti des infrastructures existantes pour réduire les coûts de départ et assurer la pérennité du projet sur le long terme.
Un démarrage en douceur pour mieux gérer les liquidités
Plutôt que de se lancer directement dans le développement complexe et éloigné du secteur Caber, l’équipe technique de Nuvau Minerals opte pour une approche par étapes. En exploitant d’abord les ressources restantes dans les zones profondes de McLeod, l’entreprise espère limiter les dépenses en capital initiales (capex). Bastien Fresia, directeur des services techniques chez Nuvau, explique le choix de cette stratégie :
« L'objectif d'inclure la partie profonde de McLeod où il reste encore des ressources, c'est vraiment de démarrer les opérations avec quelque chose qui a déjà un permis d'opération, a déjà des infrastructures en place, ce qui permet donc un redémarrage plus doux au niveau économique et plus rapide. »
Certes, cette approche nécessite des travaux de dénoyage et de rééquipement des galeries, mais l’impact environnemental reste bien moindre que l’ouverture d’un tout nouveau site immédiatement.
Cette phase de transition offre aussi un avantage pratique, elle permet de stabiliser l’organisation interne avant de se lancer dans des investissements plus lourds. Comme le souligne M. Fresia : « Nous pouvons ainsi créer les équipes, remettre en place les systèmes, les contrôles et les processus de façon plus organisée pendant qu'on a une mine qui opère et qui génère de l'argent. »
Des paramètres économiques revus à la lumière des marchés
La PEA de 2026 ne ressemblera pas à celle de 2023. Cette fois, les bases financières sont entièrement réévaluées, en tenant compte de la volatilité du secteur. Les modèles intègrent les fluctuations des prix des métaux, notamment la hausse du cuivre, un élément crucial pour ce gisement polymétallique dominé par le zinc et le cuivre.
Mais cette bonne nouvelle, côté revenus doit être tempérée par une réalité, celle de la hausse des coûts opérationnels (Opex) et d’immobilisation, due à l’inflation sectorielle des dernières années. L’intégration de Bracemac-McLeod agit ici comme un amortisseur. En générant des liquidités dès le départ, elle permet de repousser le financement des infrastructures de Caber.
La feuille de route vers la production
La publication de cette nouvelle étude économique préliminaire est prévue pour le quatrième trimestre 2026. Elle marquera le début d’un processus d’ingénierie avancée. Cependant, cela ne signifie pas encore une décision de production, en effet, plusieurs étapes réglementaires et corporatives doivent être validées.
Le succès du projet repose sur trois éléments clés ; à savoir, convaincre les marchés de sa crédibilité financière, obtenir les autorisations environnementales nécessaires pour le complexe de Caber et l’usine de traitement, et résoudre techniquement la gestion des résidus miniers. « La PEA, c'est vraiment un tremplin vers les études d'ingénierie avancées qui vont nous permettre d'établir toute la feuille de route avec tous ces points clés, les questions qui fâchent, les challenges à venir, et de répondre aux questions dont on a besoin pour obtenir ces permis d'opération », résume M. Fresia.
Reste à voir si Nuvau Minerals parviendra à finaliser l’acquisition stratégique de l’usine de traitement dans les deux prochaines années. Ce sera l’indicateur décisif pour savoir si ce plan de relance à Matagami peut réellement se concrétiser.




