
La SPN finance 11 projets au Nord‑du‑Québec dans une enveloppe totale de 33,4 M$

La Société du Plan Nord (SPN) prévoit d’investir 33,4 millions de dollars afin d’appuyer 25 projets d’envergure sur le territoire nordique, dont 11 dans le Nord-du-Québec. D’après les estimations du gouvernement, ces initiatives devraient générer des retombées économiques évaluées à 167,6 millions de dollars, un montant qui comprend à la fois les apports des promoteurs et ceux des partenaires locaux.
L’annonce a été faite le 23 janvier 2026, par le ministre des Ressources naturelles et des Forêts et ministre responsable de la SPN, Jean-François Simard. Elle s’inscrit dans le cadre de l’enveloppe d’opportunité, un levier financier mis en place pour accélérer la concrétisation de projets structurants au nord du 49e parallèle.
Dans le Nord-du-Québec, plusieurs projets financés notamment à Chibougamau, concernent des infrastructures municipales de base, comme la modernisation de l’aréna ou la construction d’un nouveau garage. Cette orientation soulève certaines questions, surtout dans un contexte où les besoins en logement, en mobilité et en services de proximité demeurent importants dans plusieurs communautés nordiques.
Interpellé sur la cohérence de ces choix dans une vision globale de développement du territoire, le président-directeur général de la SPN, Patrick Beauchesne, défend la rigueur du processus de sélection : « On a un vaste territoire et chacun des projets soumis passe par une grille de développement durable. On évalue la pertinence, les retombées locales, l’efficacité énergétique, les partenariats financiers. Chaque dimension reçoit un pointage », explique-t-il. Selon lui, les projets retenus reflètent avant tout les priorités exprimées par les milieux concernés. « Ce sont des organismes, des municipalités, des communautés autochtones. Il est délicat de dire que les projets soumis par les gens du territoire n’ont pas de retombées. »
Un financement pensé comme un levier
La SPN rappelle qu’elle n’assume jamais la totalité du financement d’un projet. Cette approche vise à encourager les promoteurs à bâtir des montages financiers solides et à mobiliser d’autres partenaires : « Si un projet est important pour le milieu, il faut que ça se traduise par un intrant monétaire. L’argent de la SPN sert souvent à compléter le montage financier », précise M. Beauchesne. Le projet de l’Écocentre Taïga, qui prévoit l’acquisition d’équipements pour revaloriser le béton non contaminé, illustre bien cette logique. Il répond à un enjeu bien réel de gestion des matières résiduelles, particulièrement complexe dans les communautés éloignées. « La gestion environnementale fait partie des orientations du Plan d’action nordique. Arriver avec des solutions concrètes, c’est positif pour les communautés », souligne le PDG.
Une surveillance étroite des fonds publics
Dans un contexte nordique où les dépassements de coûts sont fréquents, la SPN affirme s’appuyer sur des mécanismes de gouvernance stricts, « chacun des projets financés fait l’objet d’une convention d’aide financière extrêmement paramétrée. Les obligations en matière de reddition de comptes, de preuves de dépenses, tout est balisé », insiste Patrick Beauchesne. Il rappelle également que l’organisme est soumis chaque année à un audit du Vérificateur général du Québec : « On a beaucoup de ceintures et bretelles pour s’assurer d’une saine gestion des fonds publics. On essaie de ne pas assommer les promoteurs, mais gérer des fonds publics, c’est agir en transparence. »
Si la SPN assure que ses décisions reposent sur des analyses rigoureuses et sur les retombées attendues pour les communautés, plusieurs enjeux persistent. La question centrale reste de savoir si ces investissements permettront, à long terme, de réduire les écarts qui subsistent entre les régions nordiques et le reste du Québec.




