
La population d’orignaux a presque doublé en quatre ans dans la zone 17, selon le ministère de l’Environnement

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) annonce une hausse spectaculaire du nombre d’orignaux dans la zone 17, après un inventaire aérien réalisé à l’hiver 2026 en partenariat avec le Gouvernement de la nation crie et les communautés de Waswanipi et d’Oujé‑Bougoumou. Ces chiffres marquent un revirement notable après plus d’une décennie de baisse continue.
Une population qui a presque doublé en quatre ans
Le survol, mené en février 2026 sur une superficie de 23 000 km², montre une augmentation de 99 % de la population d’orignaux depuis 2021. L’espèce, qui comptait alors environ 1 036 individus, atteint aujourd’hui 2 060 orignaux. Cette progression équivaut à une croissance annuelle moyenne de 15 %, un rythme exceptionnel pour un grand herbivore en Amérique du Nord.
Ces résultats contrastent fortement avec ceux de 2021, qui révélaient une chute de 35 % depuis 2009. Face à cette situation, des mesures de conservation avaient été mises en place dans le cadre de la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ), notamment pour limiter la mortalité liée à la chasse. Appliquées depuis l’hiver 2022, elles semblent aujourd’hui porter leurs fruits sur tous les indicateurs clés.
Des signes de rétablissement solides
Au-delà du simple nombre d’individus, plusieurs éléments montrent que la population est engagée dans un rétablissement durable. La densité a progressé de manière notable, passant de 0,52 à 1,02 orignal par 10 km² depuis 2021, signe d’une occupation plus soutenue du territoire. La productivité s’est également améliorée, on compte désormais 53 faons pour 100 femelles, contre 30 auparavant, ce qui témoigne d’un taux de reproduction nettement plus élevé. Enfin, le ratio des sexes s’est rééquilibré, passant de 27 à 44 mâles pour 100 femelles, une configuration plus favorable à la dynamique de reproduction et à la stabilité de la population.
Les zones touchées par les feux de forêt de 2023 ont aussi joué un rôle inattendu dans cette dynamique. Les perturbations ont stimulé la repousse de végétation appréciée des orignaux, entraînant une densité plus élevée qu’avant les incendies et une proportion de faons supérieure à la moyenne de la région.
Le MELCCFP et le Gouvernement de la nation crie soulignent que ces résultats positifs reposent sur une coopération étroite entre les autorités, les communautés locales et les chasseurs. Le respect des mesures de conservation, combiné à un suivi scientifique rigoureux, a permis de stabiliser puis de relancer une population qui semblait auparavant engagée dans un déclin structurel.
Prochaines étapes : ajuster les mesures de gestion
Le Comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage analysera ces données pour décider si les mesures de conservation doivent être modifiées dans les années à venir. L’objectif reste de maintenir une population viable, équilibrée et résiliente, tout en respectant les principes de la CBJNQ et les pratiques traditionnelles des communautés cries. Cette remontée dans la zone 17 est l’un des plus forts rebonds démographiques observés pour l’orignal au Québec depuis plusieurs décennies.




