
Feux de forêt : la SOPFEU adapte ses opérations en zone nordique face aux dizaines d’incendies

La saison des feux de forêt a commencé dans le Nord-du-Québec. Alimentés par les températures élevées, les sols asséchés et les orages des dernières semaines, plusieurs dizaines d'incendies continuent de progresser à travers le territoire d’Eeyou Istchee Baie-James. En date du 30 juin, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) recensait près de 80 feux actifs en zone nordique, dont quatre étaient considérés comme hors de contrôle.
Contrairement aux régions plus au sud du Québec, où la SOPFEU intervient rapidement afin de maîtriser la majorité des incendies, la stratégie est ici différente. En effet, l'immensité du territoire et les priorités opérationnelles poussent les équipes déployées sur le terrain à concentrer leurs efforts sur la protection des populations et des infrastructures essentielles plutôt que sur l'extinction systématique de tous les feux.
Une stratégie adaptée à la zone nordique
Le gestionnaire du Service de la prévention et des communications de la SOPFEU, Stéphane Caron, prône une approche qui consacre les ressources humaines et matérielles à la protection des populations les plus à risque.
« En zone nordique – c’est-à-dire essentiellement au nord du 50e ou 51e parallèle – la SOPFEU a un mandat différent. On va combattre uniquement les feux qui menacent les communautés ou les infrastructures stratégiques telles que les lignes d’Hydro-Québec ou des voies d’accès pour les communautés », détaille le gestionnaire.
Lorsque les incendies évoluent dans des secteurs isolés, et semblent ne représenter aucune menace immédiate, les équipes assurent en priorité une surveillance accrue afin de suivre leur progression. Depuis le début de la saison, environ 140 000 hectares de forêt ont déjà brûlé dans le Nord-du-Québec — toutes zones confondues.
Plusieurs incendies majeurs frappent la région
Parmi les feux actuellement en observation, deux foyers situés à environ 100 kilomètres au nord-ouest de Matagami retiennent particulièrement l'attention. Le feu numéro 284 a déjà parcouru plus de 5 150 hectares, tandis que le feu 272 — localisé à une quinzaine de kilomètres du premier — a ravagé près de 1 900 hectares. Pour l’heure, l'origine de ces deux incendies demeure inconnue.
Toutefois, la situation apparaît d'autant plus préoccupante dans le secteur compris entre la localité de Radisson et la communauté crie de Chisasibi, où plusieurs incendies se sont récemment développés à proximité du chemin de Chisasibi, entraînant la fermeture de cette voie d'accès du 28 au 30 juin.
Dans les environs, le feu 300 a consumé près de 1 250 hectares, alors que le feu 223 — situé à peine quelques kilomètres plus au sud — a dépassé les 14 500 hectares. Ces deux brasiers sont désormais « contenus ».
Appel à la prudence dans les prochains jours
Face à cette situation mouvante, la SOPFEU invite les citoyens à rester vigilants avant d’envisager tout déplacement dans les zones concernées. « Les gens devraient s’informer préalablement auprès des autorités locales [pour savoir] si les routes sont fermées. Il y a évidemment beaucoup de fumée aussi. […] On sait qu’il y a des gens plus vulnérables à la fumée », prévient Stéphane Caron.
Les personnes souffrant de problèmes respiratoires, les aînés et les jeunes enfants figurent notamment parmi les personnes les plus sensibles face à la dégradation de la qualité de l'air.
Alors que les conditions météorologiques demeurent instables, la SOPFEU poursuit ses opérations de surveillance sur l'ensemble du territoire nordique et mise sur d’éventuelles précipitations à venir qui pourraient contribuer à ralentir la progression des flammes.
Notons enfin qu'une interdiction de faire des feux à ciel ouvert a été prise par le ministère de la Sécurité intérieure du Québec, en collaboration avec la SOPFEU, dans le Nord-du-Québec depuis ce jeudi 2 juillet à compter de 8h.




