
La Baie‑James obtient 600 000 $ pour soutenir des initiatives régionales en égalité

La Baie‑James renforce son engagement en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. En effet, la signature d’une entente sectorielle pour la période 2025‑2029 associe désormais le territoire à un mouvement d’envergure à l’échelle provinciale. Désormais, les 17 régions administratives du Québec sont toutes parties prenantes d’un engagement commun, soutenu par une enveloppe totale de 5,6 millions de dollars. Pour la Baie-James, cela se traduit par un financement de 600 000 $, destiné à des initiatives adaptées aux réalités nordiques.
Cette entente rassemble le Secrétariat à la condition féminine, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), l’Administration régionale Baie‑James (ARBJ) et le Collectif condition féminine Baie‑James (CCFBJ). Dans ce cadre, l’ARBJ agit comme organisme mandataire, assurant une gouvernance de proximité et une coordination serrée des projets. Pour Dominique Simard, directrice du CCFBJ, cette entente s’inscrit dans une continuité historique
« La Baie‑James a toujours été signataire d’une entente sectorielle. On est une des rares régions qui a maintenu ce financement depuis les dix dernières années. »
Ce soutien financier, qu’elle qualifie de « considérable », constitue un levier essentiel pour les organismes locaux qui veulent développer des projets favorisant l’égalité entre les genres.
Des enjeux ciblés pour les femmes en milieu nordique
Les priorités retenues découlent d’une vaste enquête menée par l’ARBJ. Elles reflètent les défis propres au territoire, où l’isolement géographique, la structure économique et la dispersion des services influencent directement les conditions de vie des femmes. Les enjeux identifiés touchent notamment l’accès au travail et à l’entrepreneuriat dans un contexte où les industries dominantes restent très masculinisées. Ils concernent aussi la montée du masculinisme, qui nécessite des actions d’éducation populaire et de sensibilisation, ainsi que l’accompagnement des femmes migrantes, dont l’intégration peut être freinée par l’éloignement et le manque de services.
La conciliation travail‑famille, particulièrement complexe dans les communautés isolées, figure également parmi les préoccupations majeures. Mme Simard rappelle que ces enjeux dépassent la seule condition féminine : « Ce sont des actions qui visent l’amélioration des conditions de vie des femmes, mais dans une perspective d’égalité. L’impact touche l’ensemble de la société. »
Les indicateurs de réussite reposent sur l’évolution de la participation des femmes dans les espaces décisionnels, qu’ils soient politiques, municipaux, scolaires ou communautaires. Les dernières élections municipales ont déjà montré une progression, mais les acteurs régionaux veulent aller plus loin en soutenant l’accès des femmes aux conseils d’administration, aux postes de direction et aux initiatives entrepreneuriales, « plus les femmes vont s’impliquer, plus elles vont faire valoir leur pouvoir d’influence, plus ça va avoir un impact sur l’organisation de nos services. »
Un territoire aux défis uniques
L’éloignement des communautés, la variabilité des services et la structure économique basée sur des industries à rotation de personnel créent des conditions particulières pour les femmes de la Baie‑James. L’absence de réseaux familiaux étendus, la charge accrue de proche aidance et la nécessité de s’appuyer sur la solidarité communautaire peuvent mener à de l’épuisement. Les services, bien que dynamiques et structurés dans certaines localités, ne sont pas toujours accessibles à l’ensemble du territoire à cause des distances. Mme Simard insiste sur cette réalité : «La distance limite la portée des services. Ça demande beaucoup d’imagination, de détermination et de résilience. »
L’entente permettra de financer des initiatives conçues par les organismes locaux, qui connaissent intimement les réalités du territoire. Ces projets viseront à améliorer l’accès aux services pour les femmes isolées, créer des programmes de formation ou d’accompagnement, mettre en place des actions de sensibilisation sur l’égalité et la diversité, soutenir l’entrepreneuriat féminin ou encore développer des réseaux de soutien communautaire. Le CCFBJ jouera un rôle d’accompagnement pour garantir une approche féministe, inclusive et équitable dans la conception des projets.




