
Incendie majeur à Lebel‑sur‑Quévillon : un immeuble de 16 logements détruit, plus de 30 personnes sinistrées

Dans la nuit du 17 au 18 avril 2026, un incendie a réduit en cendres un immeuble de 16 logements à Lebel-sur-Quévillon, laissant plus d’une trentaine de personnes dans une situation critique. Si aucune vie n’a été perdue, les résidents ont tout perdu sur le plan matériel, parfois même leurs papiers d’identité et leurs téléphones. Très vite, la Ville, les organismes locaux et de nombreux citoyens se sont mobilisés pour leur venir en aide.
Une évacuation précipitée, mais sans drame humain
Le sinistre a éclaté vers 1 h du matin dans un immeuble alors entièrement occupé. Pris de court, les habitants ont dû quitter les lieux dans l’urgence, certains passant par les fenêtres ou les balcons, les couloirs étant rapidement envahis par la fumée et les flammes. « Il ne reste plus rien du bâtiment. Le feu l’a complètement dévasté », résume le maire Guy Lafrenière, encore secoué par l’ampleur des dégâts. Il décrit une scène chaotique : « Les gens sont sortis nu-pieds, en pyjama, sans sacoche, sans carte de guichet. Ils n’avaient absolument rien ». Heureusement, une seule personne a été légèrement blessée.
Prévenu en pleine nuit, le maire s’est aussitôt rendu au centre communautaire pour accueillir les sinistrés. Une trentaine d’entre eux y ont trouvé refuge dans les heures qui ont suivi.
Dès le lendemain matin, vers 11 h, la Croix-Rouge est intervenue afin de répondre aux besoins essentiels des premières 72 heures. En parallèle, les dons de la population ont afflué : vêtements, chaussures, manteaux…
« Le matériel rentre beaucoup. Au moins, les gens ont de quoi se mettre sur le dos », souligne M. Lafrenière.
Un local inutilisé dans un centre commercial, prêté pour l’occasion, a été transformé en point de collecte. En quelques heures à peine, il débordait déjà de dons.
Le défi du relogement
Si les besoins de base commencent à être couverts, la question du logement reste entière. Les sinistrés doivent quitter l’hôtel au plus tard le 21 avril, alors que les hébergements de la région sont déjà complets en raison d’événements à venir.
Un comité spécial réunissant la municipalité, le réseau de la santé et divers organismes communautaires travaille activement à trouver des solutions. « Il nous manque encore plusieurs logements. C’est le gros morceau », reconnaît le maire.
La situation est d’autant plus délicate qu’environ la moitié des personnes touchées sont issues de l’immigration. Plusieurs ont perdu leurs documents officiels, leurs passeports ainsi que leurs moyens de communication.
Le gouvernement du Québec a déjà annoncé des aides d’urgence, soit 5 000 $ provenant du député d’Ungava Denis Lamothe, 15 000 $ versés par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), Geneviève Guilbault. D’autres annonces sont attendues, notamment de la part du ministre responsable de la région du Nord‑du‑Québec, Ian Lafrenière. « On essaie de ramasser un fonds pour aider ces gens-là, mais c’est difficile à évaluer pour l’instant », explique M. Lafrenière.
Des dons de meubles ont aussi été proposés par la Fondation Guy-Leblanc et des citoyens de Val-d’Or. Une collecte en ligne, coordonnée par les Chevaliers de Colomb, a également été mise en place pour centraliser les dons.
Parmi les sinistrés, cinq enfants d’âge scolaire ont été recensés. La commission scolaire a rapidement organisé une rencontre d’urgence afin de faciliter leur retour à l’école et leur fournir le matériel nécessaire. « L’école s’organise pour ces enfants. Normalement, ça devrait bien aller », assure le maire.
Une enquête toujours en cours
Les causes de l’incendie ne sont pas encore connues. L’hypothèse d’un départ de feu près de la salle électrique est évoquée, sans confirmation officielle pour l’instant. Les pompiers de Senneterre sont venus prêter main-forte, et l’utilisation de pelles mécaniques a été nécessaire pour éviter que les flammes ne se propagent aux bâtiments voisins.
Malgré le choc, l’élan de solidarité est bien présent. Le maire se montre confiant quant à la capacité de la communauté à surmonter cette épreuve : « Ce matin, les citoyens sont là, on se retrousse les manches et on va trouver des solutions », affirme-t-il. La municipalité invite d’ailleurs toute personne souhaitant aider à se rendre au centre communautaire ou à contribuer via la collecte de fonds en ligne.




