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SOPFIM : la lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette s'intensifie dans le Nord-du-Québec

Nicolas Fivel
Afin de protéger les forêts contre cet insecte ravageur, plusieurs plans d’intervention visent notamment les secteurs de Chibougamau, Lebel-sur-Quévillon, Matagami et Waswanipi.
Publié le 5 juin 2026 par Nicolas FivelOpérations de la SOPFIM sur le terrain / Photo : Facebook de la SOPFIM

La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) déploie de nouveau ses équipes sur le terrain dans le Nord-du-Québec afin de préparer la prochaine phase de son programme de lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Après être intervenu en 2025, l’organisme poursuit ses efforts pour surveiller l’évolution de cet insecte ravageur qui menace plusieurs secteurs forestiers de la région.

Ainsi, les opérations en cours permettront de recueillir les données nécessaires avant les épandages aériens d’insecticides biologiques prévus plus tard cette année. Ces interventions visent entre autres à limiter les conséquences de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Une forte présence de l’insecte dans la région

Selon la directrice générale de la SOPFIM, Marie-Louise Dubé, la situation demeure sous surveillance, bien que l’ampleur des infestations liées à la tordeuse des bourgeons de l’épinette — une chenille qui s’attaque principalement aux jeunes pousses des sapins et des épinettes — reste relativement stable.

« On voit toujours la présence de la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans la région du Nord-du-Québec. On note une légère progression en termes de superficie. Au niveau de la sévérité de la présence, on note aussi qu’on est plutôt dans les catégories légères à modérées », explique-t-elle.

Pour mener à bien ses opérations, la SOPFIM s’appuie notamment sur l’aéroport de Lebel-sur-Quévillon, qui permet de couvrir cette année une superficie protégée d’environ 14 000 hectares. À cette infrastructure s’ajoute désormais un héliport situé à Chibougamau, ce qui facilitera le déplacement des équipes sur le terrain.

Mieux prévenir la mortalité des arbres

La surveillance effectuée au printemps joue un rôle déterminant dans la planification des traitements qui seront appliqués au cours des prochains mois. Les informations recueillies permettent effectivement d’identifier les zones les plus vulnérables et de cibler les interventions nécessaires.

Marie-Louise Dubé rappelle que les dommages causés par la tordeuse peuvent avoir des conséquences importantes sur la forêt boréale. « On voit une mortalité des arbres en lien avec la tordeuse des bourgeons de l’épinette, ce qui nous amène à faire des plans d’intervention : un mandat que l’on reçoit de la part du ministère des Ressources naturelles et des Forêts. »

Selon la directrice générale, les cas d’infestation élevés peuvent également limiter la capacité de ces arbres résineux à effectuer la photosynthèse, c’est-à-dire le processus biologique par lequel les végétaux produisent de l'oxygène.

Ces plans d’intervention élaborés par la SOPFIM et le ministère prévoient donc des épandages ciblés d’insecticides biologiques afin de réduire les risques dans certains secteurs jugés sensibles.

Plusieurs communautés concernées par les interventions

Les opérations prévues en 2026 toucheront plusieurs parties du territoire nordique, notamment les alentours de Chibougamau, de Lebel-sur-Quévillon et de Matagami ainsi que de la communauté crie de Waswanipi.

« Il n’y a pas de précautions en tant que telles à prendre en lien avec les épandages. C’est un insecticide biologique utilisé depuis bon nombre d’années et homologué aussi par Santé Canada. C’est un insecticide sécuritaire pour l’humain et l’environnement », rassure Marie-Louise Dubé.

Dans un contexte où les forêts constituent un pilier économique majeur pour la région, la lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette représente un enjeu important pour les années à venir.