
Dégel, transport lourd et budget : quel constat pout la route 1005 selon Denis Lamothe ?

La route forestière R-1005 « La Traverse » est un axe crucial pour le transport et les liaisons dans le Nord-du-Québec. Elle relie la route 113 à Lebel-sur-Quévillon jusqu’à la route Billy-Diamond, près de Matagami. C’est un tronçon indispensable, mais particulièrement difficile à entretenir. Denis Lamothe, député d’Ungava et adjoint parlementaire du ministre des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), en parle avec réalisme tout en défendant les investissements gouvernementaux déjà en place.
Sur ses 106 kilomètres, la route 1005 a un talon d’Achille, 88 km sont en gravier. Conçue à l’origine pour l’industrie forestière, elle sert aujourd’hui de passage quotidien pour les habitants, les services d’urgence, et surtout pour les gros camions de bois et de minerai. Comme il n’y a aucun service sur le parcours, la Sûreté du Québec (SQ) recommande d’être hyper prudent et d’avoir du matériel de secours.
Résultat, la chaussée se dégrade rapidement, surtout au printemps, pendant le dégel. Cette année, les fortes crues et un hiver qui s’éternisait ont forcé des fermetures temporaires, obligeant les conducteurs à faire un long détour par la route 113, plus au sud.
Malgré les critiques sur l’état de la route, le député d’Ungava souligne le bon travail des équipes sur le terrain. L’entretien est géré par la Société de développement de la Baie-James (SDBJ), et l’élu estime qu’ils font ce qu’ils peuvent dans les conditions actuelles. « C’est une route difficile à entretenir, et je trouve que la SDBJ fait son travail correctement. » Selon lui, même si les saisons compliquent la circulation, l’artère reste sécuritaire pour ceux qui l’empruntent.
11,4 millions $ : assez ou pas assez ?
Entre 2023 et 2025, le gouvernement a investi 11,4 millions de dollars dans cette infrastructure. Cela a permis de réparer ou reconstruire quatre ponts, et de recharger 36 km de chaussée avec des matériaux granulaires. Des progrès concrets, Cependant pour les élus locaux, c’est loin d’être suffisant. Interrogé sur ce décalage entre les besoins et les budgets, l’adjoint parlementaire reconnaît que, « comme trop de choses, cela pourrait être mieux, mais dans les circonstances, l’entretien fait par la SDBJ, pour moi, c’est correct. » Il rappelle aussi que cette route a un statut particulier, avec des contraintes bien différentes de celles des autoroutes asphaltées.
Équité régionale et pressions politiques
Plusieurs maires du Nord-du-Québec se plaignent d’un manque d’équité dans la répartition des budgets routiers par rapport à d’autres régions. Denis Lamothe répond que le réseau nordique a une histoire institutionnelle à part. Il note que le MTMD n’a une direction régionale distincte dans le Nord-du-Québec que depuis peu. Il assure que les investissements augmentent et promet de continuer à défendre les besoins du territoire auprès du gouvernement : « Je fais les représentations nécessaires pour faire augmenter les montants. Et si on regarde année après année, ça s’améliore. »
Avec l’économie de la région qui repose sur les mines et la forêt, l’avenir de la route 1005 reste donc un dossier chaud pour les élus locaux et les prochains représentants de l’Ungava.




