
Élections 2026 : Sandrine Rioux met de l'avant le développement du logement dans le Nord grâce à l'allègement administratif et à la filière forestière

La crise du logement frappe plus dur qu'ailleurs sur le territoire immense d’Ungava, où le transport des matériaux depuis le sud du Québec fait exploser les coûts. Résultat, les projets résidentiels démarrent au compte-gouttes, alors que les besoins sont criants. La question s'est ainsi imposée comme l'un des thèmes centraux de la campagne.
Interrogée sur l'application des engagements de son parti dans le Nord, Sandrine Rioux, candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription, a détaillé sa vision. Bien que le PLQ promette 100 000 logements par année à l'échelle de la province, la candidate a d'emblée précisé la répartition des rôles :
« Les 100 000 logements par année, ce n'est pas l'État qui va nécessairement les construire. En grande partie, ça va être de diminuer la réglementation ou les blocages en amont pour aider les entrepreneurs à démarrer les projets. »
Alléger la bureaucratie pour accélérer les mises en chantier
Pour les libéraux, le principal levier réside dans la simplification administrative. Permis gouvernementaux et exigences municipales accumulent les délais et freinent les projets. L'État agirait donc comme accélérateur en assouplissant les règles afin de permettre aux promoteurs privés de livrer plus rapidement de nouvelles unités. Cependant, dans le Nord, alléger la réglementation ne résout pas la facture exorbitante de l'acheminement des matériaux conventionnels depuis le Sud.
Valoriser l'expertise industrielle et forestière régionale
Pour contourner ce frein logistique, Sandrine Rioux propose de s'appuyer sur la préfabrication et la filière forestière régionale. Plutôt que d'importer la matière première, elle suggère de mettre à contribution les entreprises déjà implantées dans le Nord-du-Québec, citant notamment Nordic Structures et Chantiers Chibougamau :
« Dans le Nord du Québec, on a aussi des options extraordinaires [...] avec Chantiers Chibougamau, qui fait du bois lamellé-collé, permettant des constructions écologiques et extrêmement rapides à monter. [...] Comme ces entreprises sont locales, on vient déjà diminuer les coûts de transport. »
L'utilisation du bois massif et du lamellé-croisé produits localement offre un triple avantage, à savoir monter rapidement des immeubles multi-étages sécuritaires, réduire l'empreinte carbone et faire chuter les frais de transport.
Dans Ungava, la stratégie du PLQ repose sur un double engagement, soit réduire les contraintes administratives à Québec et appuyer la construction industrielle locale. Il appartiendra aux électeurs de juger si ce mélange de déréglementation, d'initiative privée et d'approvisionnement régional suffira à combler le surcoût nordique et à répondre promptement à l'urgence résidentielle qui touche l'ensemble des communautés.




