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Coupures budgétaires : Autobus Maheux prévoit des réductions de services interurbains à la Baie-James

Nicolas Fivel
Par conséquent, l’entreprise interrégionale prévoit demander des réductions de service prochainement, tout en excluant actuellement une hausse tarifaire pour les usagers.
Publié le 20 février 2026 par Nicolas FivelAutocars de l’entreprise interrégionale Autobus Maheux sur un stationnement / Photo : Facebook Les Autobus Maheux ltée

La décision du gouvernement du Québec de retrancher 200 millions de dollars au Programme d’aide au développement du transport collectif fin janvier 2026 soulève quelques appréhensions dans le secteur du transport interurbain. C'est pourquoi l’entreprise interrégionale Autobus Maheux redoute des répercussions concrètes sur certaines liaisons régionales, entre la Baie-James et l'Abitibi-Témiscamingue.

Un programme jugé difficilement accessible par le transporteur

Au cœur des préoccupations : la réduction de l’aide financière accordée pour amortir les coûts d’exploitation des transporteurs, qui passe de 185 000 $ à 125 000 $ par ligne et par année.

Une diminution qui pourrait fragiliser l’équilibre financier de plusieurs corridors, d'après le directeur général d'Autobus Maheux, Nicolas Maheux, estimant que le problème dépasse la simple baisse des montants.

« Malheureusement, le premier problème de ce programme-là est que les sommes sont à toutes fins pratiques inaccessibles parce que la grande majorité des municipalités au Québec considèrent — à raison — que ce n’est pas à elles de financer le transport qui dépasse largement les frontières d’une seule MRC », explique-t-il au micro de l'Aurore Info.

Selon M. Maheux, les modalités actuelles du programme exigent une contribution municipale difficile à obtenir pour des services qui relient plusieurs territoires. Par conséquent, des sommes prévues pour soutenir les transporteurs demeurent hors de portée.

Certaines lignes déjà fragilisées depuis plusieurs années

Pour illustrer la situation, Nicolas Maheux cite la liaison entre Val-d'Or et Chibougamau, qui avait déjà bénéficié du programme entre 2015 et 2019. Par la suite, l’aide n’a pas été renouvelée en raison d’un litige impliquant plusieurs municipalités régionales de comté (MRC), dont celle de la Vallée-de-l'Or.

Parmi les autres exemples cités par le directeur général figure la ligne reliant Rivière-Héva à Amos, en Abitibi-Témiscamingue. Celle-ci devrait être fortement affectée dans les prochains mois. En revanche, les itinéraires vers des municipalités plus nordiques comme Matagami ou vers certaines communautés cries ne seront pas touchés à court terme.

Face à ces pressions financières, l’entreprise envisage des interruptions de services afin de « minimiser les pertes ». Nicolas Maheux confirme qu’une demande officielle de réduction sera prochainement déposée auprès de la Commission des transports du Québec.

Malgré des espoirs déçus, une bataille politique à mener

Entré en vigueur le 1er avril 2025, puis révisé à l’automne dernier, le programme — dont le troisième volet concerne exclusivement l’aide au transport interurbain par autobus — avait pourtant suscité de l’espoir chez le transporteur.

« À la suite des nombreuses représentations qui ont été faites, on avait vraiment espoir que les modalités soient changées et que les sommes soient accessibles pour nos usagers, afin de maintenir les services, sans que les milieux municipaux aient à contribuer. Et là, on a été très déçus de constater que les modalités n’avaient pas changé », déplore le directeur général.

Malgré le contexte, Nicolas Maheux écarte pour l’instant toute hausse tarifaire. Selon lui, les usagers assument déjà « 100 % de la facture de la mise en œuvre du service ». L’entreprise affirme poursuivre ses démarches auprès des instances gouvernementales dans l’optique de corriger ce qu’elle considère comme une « iniquité régionale », et avec l’intention de continuer à desservir l’ensemble du territoire.

Dans un contexte nordique, où les distances sont démultipliées et les alternatives limitées, l’avenir du transport interurbain demeure un enjeu aussi stratégique qu’incertain pour la mobilité durable de la population jamésienne.