
Chibougamau et Chapais misent sur des “radars vivants” pour rappeler la limite de 30 km/h

Une campagne de sensibilisation a récemment eu lieu près des écoles primaires de Chibougamau et de Chapais. Cette initiative, soutenue par la Direction de santé publique du Nord‑du‑Québec, les établissements scolaires et la Sûreté du Québec, visait à rappeler l'importance de respecter la limite de 30 km/h dans les zones scolaires.
Des radars vivants pour interpeller les conducteurs
Au centre de cette campagne se trouvait un dispositif simple et frappant, des élèves portant un sac à dos avec un panneau radar qui affichait en temps réel la vitesse des voitures. D'autres jeunes utilisaient un cinémomètre, sous la supervision d'intervenants et de policiers.
Gabriel Folco, conseiller en saines habitudes de vie à la Direction de santé publique, a précisé que l’objectif était de « faire réaliser aux gens que la vitesse, ce n'est pas seulement une affiche ». Selon lui, l'utilisation d'enfants pour transmettre ce message renforce son impact émotionnel et rappelle la vulnérabilité des jeunes usagers de la route.
Bien que les radars portatifs ne recueillent pas de données, les intervenants ont remarqué un comportement généralement respectueux des automobilistes. « La vitesse de 30 km/h est généralement respectée », indique M. Folco, tout en admettant que la présence des policiers y contribue. L'apparition des enfants avec le radar a aussi semblé dissuader certains conducteurs.
Comme toute action ponctuelle, l'effet direct de la campagne ne dure pas. Gabriel Folco estime que la prise de conscience générée peut persister quelques semaines, mais que des changements durables nécessitent des interventions répétées et une amélioration des infrastructures. « C’est un travail qui se fait toujours en continu avec les municipalités, et c’est ainsi qu'on fera une différence à long terme », explique-t-il.
Les partenaires prévoient continuer leurs efforts annuels de sensibilisation, tant auprès des automobilistes que des élèves, en se concentrant sur les traverses piétonnes, la marche et le vélo.
Une initiative appelée à voyager
Le sac à dos radar, propriété de la Sûreté du Québec, est utilisé dans toute la région Nord, y compris l'Abitibi, la Côte‑Nord, le Saguenay–Lac‑Saint‑Jean et le Nord‑du‑Québec. Sa disponibilité limitée complique cependant l'organisation d'activités similaires ailleurs. « L'idée est d'avoir ce sac à dos dans toutes les villes de la région », affirme M. Folco, qui souhaite que la campagne se propage à d'autres localités de la Baie‑James.
C'était la première fois que les écoles de Chibougamau et Chapais profitaient de ce dispositif. Les organisateurs envisagent de répéter l'expérience, tout en diversifiant les messages et les approches. L'année dernière, la campagne portait sur la priorité piétonne ; cette année, sur la vitesse. Les thèmes futurs seront déterminés avec les partenaires.
En adoptant une approche participative et visuellement frappante, la campagne de Chibougamau et Chapais montre la volonté des acteurs locaux de renforcer la sécurité autour des écoles. Si l'effet immédiat est clair, le changement durable des comportements dépend de la répétition des actions, de l'éducation continue et de l'amélioration des infrastructures urbaines.
« Un 10 km/h de plus peut faire toute la différence en cas d’accident », rappelle Gabriel Folco, soulignant la responsabilité collective de protéger les plus jeunes sur le chemin de l'école.




