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270 000 $ pour mieux coordonner les services liés à l’itinérance en Baie‑James

Hind Dekkar
Personnes en situation d'itinérance
Publié le 20 juillet 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


L’Administration régionale Baie‑James (ARBJ) et ses partenaires pourront compter sur une aide financière pour intensifier la lutte contre l’itinérance dans le Nord‑du‑Québec. Québec débloque 270 000 $ supplémentaires pour soutenir un projet de proximité qui se concentre surtout à Chibougamau, où la situation est jugée particulièrement urgente.

Une réalité bien réelle, mais difficile à mesurer

Même si l’itinérance est moins visible qu’ailleurs au Québec, elle n’en reste pas moins inquiétante. À Chibougamau, Santé Québec Baie‑James estime qu’environ 900 personnes présentent un risque élevé de basculer vers l’itinérance, un chiffre frappant dans une municipalité de 7 233 habitants. Les données sont cependant limitées dans les plus petites localités, où les effectifs ne permettent pas de produire des indicateurs fiables.

Marie‑Claude Brousseau, directrice générale de l’ARBJ, souligne que « l’itinérance existe bel et bien à la Baie‑James. On en voit beaucoup à Chibougamau, mais il y en a aussi une forme plus discrète dans toutes les communautés ».

Cette aide provient du Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS), dans le cadre de l’Alliance pour la solidarité. Elle permettra de financer le projet pendant deux ans, avec une possibilité de renouvellement via les enveloppes habituelles du FQIS ou d’autres programmes gouvernementaux.

Le projet repose sur la création d’une équipe composée d’un travailleur de proximité cri et d’un intervenant jamésien. L’objectif étant de briser les barrières de confiance, surtout auprès des Autochtones en situation d’itinérance ou à risque.

Ces deux intervenants travailleront conjointement sur le terrain, appuyés par une table de partenaires qui réunit notamment Santé Québec Baie‑James, la Sûreté du Québec et plusieurs organismes communautaires. L’organisme Le Zéphyr Chibougamau‑Chapais, fort de son expérience en santé mentale et en travail de rue, assurera la mise en œuvre concrète. Selon Marie‑Claude Brousseau, cette approche est un levier essentiel : « Dans un contexte où l’itinérance prend des formes bien particulières en région éloignée, cet appui gouvernemental est un outil important pour mieux accompagner les personnes les plus vulnérables ».

Un défi amplifié par l’éloignement et le manque de ressources

L’itinérance en milieu nordique se caractérise par la dispersion géographique, la faible densité de population et la rareté des services spécialisés. Malgré les efforts des acteurs locaux, la capacité d’intervention reste limitée par le financement disponible et l’immensité du territoire. Le projet vise donc à structurer une réponse mieux coordonnée, capable d’agir à la fois sur l’itinérance visible et sur celle, plus diffuse, qui touche les communautés éloignées.

Les personnes en situation d’itinérance ou vulnérables peuvent se tourner vers Le Zéphyr à Chibougamau et Chapais, ou encore vers les travailleurs de proximité présents ailleurs, notamment au Carrefour jeunesse‑emploi (CJE) de la Jamésie ou dans les Maisons des jeunes. En cas d’urgence, Santé Québec Baie‑James reste la porte d’entrée vers les services appropriés.