
Zones 16 et 17 : Québec encadre davantage la pêche sportive pour la saison 2026

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) apporte plusieurs modifications à la réglementation de la pêche sportive dans le Nord-du-Québec pour la saison 2026. Ces ajustements ont pour objectif de mieux protéger le touladi, une espèce particulièrement fragile dans les écosystèmes nordiques.
D’après Robert-Olivier Gauvin, biologiste à la Direction régionale de la gestion de la faune du Nord-du-Québec, ces décisions reposent sur des constats scientifiques bien établis. « Le touladi est un poisson à croissance lente, dont la maturité est tardive, et ces caractéristiques sont encore plus marquées dans le Nord où les saisons de croissance sont courtes », explique-t-il.
Des quotas plus stricts
Le changement principal touche le nombre de prises autorisées. Dans les zones 16 et 17, les pêcheurs ne pourront désormais conserver qu’un seul touladi par jour, alors que la limite était auparavant fixée à deux. Cette mesure vise à réduire la pression sur les populations, notamment dans les plans d’eau accessibles au public, où l’achalandage est plus difficile à contrôler. « On souhaite diminuer la limite de prise pour permettre une meilleure répartition de la ressource entre les pêcheurs en réduisant le prélèvement », précise M. Gauvin.
Autre nouveauté importante, la mise en place d’une taille minimale de capture de 55 cm pour tous les plans d’eau des zones 16 et 17. Bien que cette règle soit déjà en vigueur dans plusieurs lacs, son application généralisée permettra d’uniformiser la réglementation et de mieux protéger les poissons qui n’ont pas encore atteint leur maturité.
Même si aucune période de pêche commune n’est instaurée pour l’ensemble du territoire, trois lacs de la zone 16 — aux Loutres, Nelson et Turgeon — seront désormais soumis à des dates de pêche fixes. Cette décision s’explique par leur proximité avec des zones situées plus au sud, où des périodes encadrées existent déjà, ce qui facilite une gestion cohérente. L’ensemble de ces mesures est en vigueur depuis le 1er avril 2026.
Rappels pour une pratique responsable
Le biologiste souligne aussi l’importance d’adopter de bonnes pratiques. Il recommande de bien préparer sa sortie en vérifiant les règles propres à chaque zone, d’utiliser un équipement adapté pour limiter les blessures aux poissons remis à l’eau, et de nettoyer soigneusement son embarcation ainsi que son matériel afin d’éviter la propagation d’espèces envahissantes. « Il est essentiel d’être vigilant pour éviter l’introduction d’espèces dans les plans d’eau, notamment en nettoyant son équipement lorsqu’on passe d’un lac à un autre », rappelle-t-il.
Dans un contexte où certains plans d’eau subissent une forte pression de pêche, ces nouvelles règles cherchent à garantir la durabilité de la ressource. Le touladi, à la fois emblématique et vulnérable, exige une gestion attentive, adaptée aux particularités du Nord. Même si ces mesures peuvent sembler contraignantes pour certains, elles s’inscrivent dans une démarche de protection à long terme, essentielle pour préserver les écosystèmes et maintenir une expérience de pêche de qualité dans le Nord-du-Québec.




