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Violence psychologique et apprentissages relationnels : ce que révèle l’enquête régionale

Hind Dekkar
Deux jeunes qui se disputent
Publié le 26 mars 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Les plus récentes données de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS), rendues publiques en mars par la Direction de santé publique du Nord-du-Québec, démontrent qu’un élève sur trois affirme avoir déjà vécu de la violence dans une relation amoureuse. La forme la plus courante reste la violence psychologique, et les adolescentes sont particulièrement touchées. L’étude révèle aussi qu’un jeune sur cinq reconnaît avoir lui-même adopté des comportements violents envers un partenaire.

Selon Élisabeth Filion, agente de planification, de programmation et de recherche à la Direction de santé publique du Nord-du-Québec, plusieurs facteurs peuvent expliquer ces résultats. Une meilleure sensibilisation permet à davantage de jeunes d’identifier et de nommer la violence, mais cela ne suffit pas à expliquer l’ampleur du phénomène. « À l’adolescence, les jeunes ont besoin d’outils pour vivre des relations saines. Il peut y avoir un manque au niveau de la gestion des émotions ou des conflits », explique-t-elle. Les modèles relationnels observés dans l’entourage ont également une influence importante. Elle ajoute que certaines idées reçues persistent : « Bien souvent, ils vont percevoir des comportements violents comme des preuves d’amour. »

La violence psychologique en tête

Même si les violences physiques et sexuelles existent, c’est la violence psychologique qui ressort le plus dans les résultats régionaux. Elle peut prendre différentes formes : jalousie excessive, propos blessants, menaces, contrôle des échanges, pression affective ou sexuelle, ou encore surveillance en ligne. « Ça peut même aller jusqu’à la surveillance des réseaux sociaux puis la géolocalisation avec des applications comme Snapchat », illustre Mme Filion.

Miser sur la prévention

Pour contrer la violence dans les relations amoureuses chez les jeunes, la Direction de santé publique privilégie une approche globale impliquant l’école, les familles et la communauté.

L’éducation à la sexualité, offerte dans les écoles, vise notamment à développer des compétences comme la gestion des émotions, la résolution de conflits et la capacité à reconnaître les comportements inacceptables. « C’est une priorité pour nous », souligne Mme Filion. Les parents sont aussi invités à garder le dialogue ouvert et à soutenir leurs adolescents. Elle insiste sur l’importance « de les encourager à aller chercher de l’aide au besoin ». Enfin, les organismes du milieu poursuivent leurs efforts de sensibilisation autour du consentement, de l’égalité dans les relations et de la prévention.

Mme Filion rappelle aux jeunes qu’une relation ne devrait pas entraîner de souffrance et que l’amour ne devrait pas être associé à la douleur. Elle les invite à ne pas rester seuls face à ces situations et à en parler à un intervenant, à un enseignant, à une infirmière scolaire ou à l’accueil psychosocial. Des ressources gratuites et confidentielles, comme Info-Social 811, Tel-jeunes, Tel-parents ou SOS violence conjugale, sont également disponibles pour offrir du soutien. La prévention passe avant tout par l’éducation, le dialogue et des repères clairs transmis par les adultes.