
Un geste risqué complique la gestion d’un ours en zone habitée à Lebel-sur-Quévillon

La libération d'un ours noir par un citoyen, sans l'aval des autorités, dans une cage de capture installée à Lebel-sur-Quévillon, relance la question de la gestion des animaux sauvages en zone habitée. L'animal avait été piégé afin d'être déplacé par les services compétents. En ouvrant le dispositif de sa propre initiative, le particulier a mis en cause la sécurité publique et compliqué le travail des agents de protection de la faune.
Depuis plusieurs semaines, un ours noir était signalés à proximité des lieux fréquentés. Pour répondre à ces appels, une cage de capture avait été installée le 8 juillet 2026, près de la piste cyclable multifonctionnelle afin d'intercepter l'animal et le relocaliser dans un secteur forestier éloigné.
Le 26 juillet, un ours s'est effectivement retrouvé piégé. Mais avant que les équipes spécialisées n'arrivent sur place, une personne a décidé d'intervenir seule. Elle a manipulé la structure et libéré l'ours, sans prévenir SOS Braconnage ni la Protection de la faune.
Le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) rappelle que s'approcher d'un grand prédateur en état de stress ou de contention est extrêmement dangereux. Un ours enfermé peut perdre sa méfiance naturelle envers l'humain et réagir violemment dès que la porte s'ouvre. Ce type d'intervention improvisée peut tourner au drame, autant pour l'animal que pour la personne qui tente de l'aider.
Une mémoire qui complique la recapture
La cage a été réarmée et remise en service rapidement. Toutefois, l'opération de contrôle risque d'être beaucoup plus difficile qu'avant. Les ours possèdent une mémoire associative très développée. Ayant vécu l'expérience du piège sans en subir de conséquences graves, l'animal libéré gardera un souvenir négatif du dispositif et fera tout pour l'éviter à l'avenir.
Cette nouvelle méfiance complique une éventuelle seconde capture. Un ours potentiellement habitué aux sources de nourriture d'origine humaine demeure donc dans un secteur où circulent des marcheurs, des cyclistes et des familles
Les consignes à respecter
Face à cette situation, la Ville de Lebel-sur-Quévillon et les autorités fauniques rappellent que seuls les agents de protection de la faune et les professionnels formés sont autorisés à manipuler ces équipements. Ils sont également les seuls habilités à administrer, au besoin, les produits de contention nécessaires pour déplacer l'animal en toute sécurité.
Lorsque la cage est en fonction et que la porte est ouverte, la population doit impérativement respecter les rubans de balisage et le périmètre de sécurité installés sur place. Il faut tenir les enfants à distance et garder les animaux domestiques en laisse. Il est interdit de toucher, déplacer, modifier ou ouvrir le mécanisme, tout comme il est interdit d'y déposer de la nourriture, des déchets ou toute autre substance qui pourrait attirer les bêtes.
Si la cage est fermée et qu'un ours se trouve à l'intérieur, les usagers doivent s'éloigner lentement, garder une distance maximale et éviter de faire du bruit. Il ne faut jamais tenter de nourrir l'animal, de le calmer ou de le libérer. Enfin, toute observation doit être signalée sans attendre à la centrale d'urgence SOS Braconnage.
La cohabitation avec la faune sauvage repose sur le respect de ces protocoles. Une intervention non qualifiée, même animée de bonnes intentions, peut compromettre la sécurité de tous et nuire au bien-être de l'animal concerné.




