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Élections 2026 : le maire de Matagami en appelle au futur gouvernement pour qu’il tienne mieux compte des réalités nordiques

Nicolas Fivel
L'édile jamésien insiste particulièrement sur les coûts des infrastructures, l’intégration des travailleurs étrangers dans la ville et la considération du rôle économique du Nord.
Publié le 21 septembre 2026 par Nicolas FivelRené Dubé, maire de Matagami / Photo : Hind Dekkar

À quelques jours du scrutin provincial du 5 octobre, le maire de Matagami, René Dubé, dit souhaiter que le prochain gouvernement du Québec accorde davantage son attention aux réalités des communautés nordiques. Il en appelle à une meilleure adaptation des programmes gouvernementaux.

Des programmes qui ne correspondent pas aux réalités nordiques

Selon René Dubé, les municipalités nordiques doivent composer avec des coûts d’entretien et de construction nettement plus considérables que ceux des autres régions. Il estime donc que les programmes gouvernementaux et les appels d’offres publics devraient tenir compte des spécificités du territoire.

« Pour l’instant, on est comme “sous le radar”. Pourtant, on est une ville dans le Nord-du-Québec, où il y a des ressources, des mines, des forêts. Il y a de l’hydroélectricité qui se fait plus haut dans le Nord, mais on n’est comme pas là », regrette le maire.

L'édile matagamien fait également référence à la mobilisation régionale en cours, « les Entêtés de la Baie-James », portée par l’Administration régionale Baie-James (ARBJ) durant la campagne électorale et visant à questionner « la place qu'occupe le Nord-du-Québec dans l’avenir du Québec », d’après l'ARBJ. René Dubé pense que cette démarche doit permettre de rappeler l’importance des communautés jamésiennes et des quelque 13 300 habitants concernés.

La main-d’œuvre et les infrastructures au cœur des préoccupations

La question de l’immigration et de l’intégration des travailleurs étrangers représente aussi une priorité pour M. Dubé, jugeant que ceux-ci choisissent de s’établir en région et peuvent ainsi contribuer directement au maintien des activités économiques locales.

Dans cette optique, la Ville de Matagami a récemment embauché Eby-Ama Koua en tant qu'agente de mobilisation citoyenne afin de mieux accompagner les nouveaux arrivants et de favoriser leur intégration au cœur de la communauté.

« On est loin des décideurs et, pour eux autres, ce n’est qu’un comté. Mais c’est plus qu’un comté : c’est le grenier du Québec, le Nord-du-Québec. […] Il faut qu’on nous aide dans le coût des infrastructures. Quand tu fais faire le réseau d’égout ou d’aqueduc, ça coûte plus cher qu’ailleurs », déplore René Dubé.

Deux candidates déjà rencontrées à l’hôtel de ville

À un peu plus de deux semaines du scrutin, l'élu avait déjà rencontré plusieurs candidats dans son bureau de l’hôtel de ville, notamment les candidates Sandrine Rioux, du Parti libéral du Québec, et Sonia Caron, du Parti Québécois.

Sans révéler le détail de ces discussions, René Dubé affirme avoir perçu des intentions sincères chez les deux candidates rencontrées. À ses yeux, le problème ne viendrait pas d'elles, mais plutôt « d’en haut » où les besoins régionaux ne seraient « pas prioritaires ».

« Ça fait des années que la Ville de Matagami dit : “La particularité de Matagami, c’est un point stratégique pour la région et pour le Québec.” Je me demande ce qu’il va réellement falloir faire pour que quelqu’un se réveille et se dise qu’il y a quelque chose à faire, en tenant compte des particularités qu’on a chez nous », conclut M. Dubé.