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Élections 2026 : LUSQ demande des engagements budgétaires pour la santé dans le Nord-du-Québec

Hind Dekkar
Médecin
Publié le 18 septembre 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


Le débat des chefs a placé l'accès aux soins au cœur des préoccupations des québécoises et québécois. Dans le Nord-du-Québec et en Baie-James, où la situation médicale est déjà critique, Pierre Blain, directeur général du Regroupement des usagers de la santé du Québec (LUSQ), a choisi d'interpeller les dirigeants politiques sur l'avenir du réseau.

Le bilan dressé par le LUSQ met en lumière trois enjeux majeurs qui touchent de plein fouet la région, à savoir la prise en charge des maladies chroniques, la santé mentale avec de lourdes conséquences comme le suicide chez les jeunes et les dépendances.

Des coupes administratives contestées

L'organisation dénonce également certaines directives de Santé Québec, estimant qu'elles dégradent les conditions de vie des patients. Pierre Blain illustre la situation avec un cas concret :

« Une personne quadriplégique recevait 30 heures par semaine de soins [...]. De 30 heures, on a réduit ses services à 12 heures par semaine, c'est impensable qu'une personne puisse recevoir seulement 12 heures quand elle est dans une situation semblable. »

Trois solutions adaptées aux réalités du Nord

Face au manque de spécialistes et à l'isolement géographique, le LUSQ formule trois propositions ciblées. La première consiste à financer les études avec un engagement de retour, c'est-à-dire prendre en charge les études universitaires des jeunes locaux en échange d'un engagement à venir pratiquer dans le Grand Nord pendant trois à cinq ans, sur le modèle des Forces armées canadiennes.

La deuxième repose sur la télémédecine et le soutien aux infirmières, en s'appuyant sur le réseau déjà présent sur place et en validant les diagnostics complexes à distance pour éviter les déplacements inutiles.

La troisième concerne le transport médical adapté, en généralisant le « taxi-ambulance » financé par le gouvernement pour assurer la logistique des longs trajets vers le Sud lorsque les consultations en personne sont inévitables.

Une réallocation des ressources

Pour financer ces mesures, le LUSQ préconise de réorienter les fonds vers la prévention, un investissement rentable à long terme. M. Blain réagit aussi aux promesses relatives à la dissolution de l'agence Santé Québec :

« Il y a certains partis politiques qui préconisent l'abolition de Santé Québec. Effectivement, il y a des sommes importantes qui peuvent être investies et surtout mieux dépensées. »

Des engagements budgétaires précis attendus

Le LUSQ réclame une étude rigoureuse des besoins nordiques ainsi que des engagements financiers chiffrés. Les chefs des cinq principaux partis ont été interpellés : Charles Milliard (PLQ), Christine Fréchette (CAQ), Paul St-Pierre Plamondon (PQ), Ruba Ghazal (QS) et Éric Duhaime (PCQ). Interrogé sur leur retour, Pierre Blain rappelle les contraintes posées par la loi électorale :

« Nous avons déjà reçu des réponses des partis politiques et je dois dire que c'est assez encourageant. Malheureusement, je ne peux pas les donner parce que la loi électorale nous empêche de diffuser cette information. »

Sur ces cinq formations, deux ont transmis leurs propositions, une a refusé de répondre et deux n'ont pas encore donné suite. Le regroupement s'engage à suivre de près la concrétisation des promesses tout au long du mandat à venir.