
Tourisme : la Baie-James s’interroge sur l’avenir de son industrie après l’abolition du ministère

La disparition du ministère du Tourisme du Québec soulève des préoccupations dans l’industrie touristique. En Baie-James, où le développement de l’offre régionale représente un enjeu économique important, le changement de structure gouvernementale suscite des questions sur la place qui sera accordée aux régions éloignées.
Le tourisme québécois entre dans une nouvelle ère. Avec la formation du nouveau Conseil des ministres, le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon a choisi de ne plus confier le tourisme à un ministère distinct. Le secteur relève désormais du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie, dirigé par Stéphane Paquet. Une décision qui suscite des inquiétudes chez plusieurs acteurs de l’industrie, notamment quant à la représentation et au soutien accordés au secteur.
« Cela risque de nous faire perdre un peu de flexibilité ou débilite par rapport au développement touristique sur le territoire de la Baie-James. » A fait savoir Isabelle Milord, directrice générale de Tourisme Baie-James.
Pour les régions comme la Baie-James, cette réorganisation soulève des interrogations sur les priorités qui seront retenues par Québec. Le développement touristique nécessite notamment des investissements, de la promotion et un accompagnement adapté aux réalités locales. Sur un territoire vaste et éloigné des grands centres, ces enjeux prennent une dimension particulière.
Une préoccupation pour le développement régional
À la tête de Tourisme Baie-James, Isabelle Milord suit de près l’évolution du secteur touristique régional. L’organisme travaille notamment à diversifier l’offre, à améliorer l’accueil des visiteurs et à faire connaître les attraits du territoire. Plusieurs initiatives ont été mises de l’avant pour renforcer l’expérience touristique et soutenir le développement de nouvelles activités.
« Le principal danger c’est peut-être une incompréhension de l’unicité de notre région et cette proximité qu’on avait avec l’ancien ministère du tourisme, on sent que c’est quelque chose qui devient fragile a l’heure actuelle. »
La disparition d’un ministère consacré exclusivement au tourisme amène ainsi à s’interroger sur la continuité des programmes de soutien, le financement des projets et la capacité des organismes régionaux à faire valoir leurs besoins auprès du gouvernement.
Pour les entreprises touristiques, l’enjeu ne se limite pas à la structure administrative. Il concerne aussi la prévisibilité des mesures gouvernementales et la capacité de poursuivre des projets de développement dans un contexte où les réalités régionales diffèrent considérablement d’un territoire à l’autre.
Quel avenir pour le tourisme en Baie-James ?
Le transfert des responsabilités au ministère du Développement économique ne signifie pas nécessairement la fin des mesures de soutien au tourisme. Il reste toutefois à déterminer comment les priorités de l’industrie seront prises en compte dans la nouvelle structure gouvernementale.
L’industrie touristique québécoise demande d’ailleurs des précisions sur les intentions du gouvernement et sur les mécanismes qui permettront de maintenir un dialogue avec les acteurs du milieu.
En Baie-James, les prochaines décisions de Québec seront donc suivies de près. Pour Tourisme Baie-James, la question demeure : cette nouvelle organisation permettra-t-elle de maintenir un soutien adapté aux besoins des régions éloignées et de poursuivre le développement touristique du territoire ?




