
Le CFP de la Baie-James profite des Salons pour accroître sa visibilité au Québec

Face à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée qui touche le Nord-du-Québec, le Centre de formation professionnelle (CFP) de la Baie-James intensifie ses efforts pour attirer des étudiants issus d'autres régions de la province. L'établissement a notamment participé à deux événements d'envergure cet automne, à savoir le Salon national de l'éducation, le 2 octobre, puis le Salon Carrière Formation de Québec, du 15 au 17 octobre 2026 au Centre de foires. L'objectif principal demeure d'accroître la notoriété de ses programmes spécialisés.
Recruter hors région : une nécessité structurelle
La démographie régionale ne suffit plus à combler les besoins. Isabel Théoret, directrice par intérim de l'établissement, souligne que l'apport d'étudiants externes est indispensable :
« C'est une façon de nous faire connaître à travers le Québec parce qu'il y a environ 80 à 85 % des élèves que nous accueillons au CFP qui viennent de partout au Québec pour venir suivre des formations qui sont quand même assez nichées, surtout au niveau du secteur minier, forestier. »
Outre les filières liées aux ressources naturelles et à la santé, cette dernière attirant également des candidats à l'international, ces salons permettent de sensibiliser les jeunes dès le secondaire tout en présentant les parcours possibles aux adultes en réorientation. Bien qu'ils ne représentent qu'environ 5 % des visiteurs, la direction les qualifie de candidats particulièrement sérieux et déterminés.
Un fort engouement pour le montage de lignes électriques
Les attentes des visiteurs concordent avec les besoins réels du marché du travail nordique. Le diplôme d'études professionnelles (DEP) en montage de lignes électriques et de télécommunications, dispensé pour une deuxième année en partenariat avec le Centre de montage de lignes de Saint-Henri-de-Lévis, a suscité un intérêt marquant, concentrant près de 60 % des interrogations des jeunes. Cette forte demande s'explique par les perspectives d'emploi durables associées aux chantiers d'Hydro-Québec dans la région :
« Pour pouvoir commencer à offrir ce programme [...], il a fallu prouver que c'était un besoin de main-d'œuvre pour plusieurs années dans la région, entre autres avec la construction des nouveaux sites d'Hydro-Québec, pour avoir un plus gros réseau électrique dans la province, d'ici 2035. »
Les contraintes financières liées à l'éloignement
Si la récolte de candidatures lors des salons porte ses fruits, la réalité géographique impose des défis majeurs. L'éloignement entraîne des frais substantiels liés au transport, à l'acquisition et à l'entretien de la machinerie lourde, des dépenses que le modèle de financement actuel peine à épouser pleinement :
« Le fait d'être éloigné, ça amène des coûts supplémentaires et le financement n'est pas nécessairement adapté à cette réalité. Pour nous, je vous dirais que c'est un des grands défis. Donc, on essaie de se démarquer par notre offre de formation pour justement être capable de remplir nos cohortes. »
Afin d'assurer sa mission, le CFP de la Baie-James continue d'adapter son offre aux réalités industrielles tout en maintenant un démarchage proactif. Le suivi rigoureux des banques de candidats créées pendant ces Salons représentera un potentiel levier pour renouveler la main-d'œuvre qualifiée du Nord-du-Québec.




