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Thundermine : une découverte aurifère majeure sous les forages historiques des années 1980

Hind Dekkar
Localisation de la propriété du camp minier de Matagami, détenue à 100 % par Nuvau, mettant en évidence l’emplacement de la zone cible de Thundermine ainsi que celui des principaux projets d’exploration et d’exploitation minière environnants, et des sites de production passés et actuels
Publié le 13 juillet 2026 par Hind DekkarLocalisation de la propriété du camp minier de Matagami, détenue à 100 % par Nuvau, mettant en évidence l’emplacement de la zone cible de Thundermine ainsi que celui des principaux projets d’exploration et d’exploitation minière environnants, et des sites de production passés et actuels / Photo : Nuvau Minerals


La campagne de forage hivernale de Nuvau Minerals sur le site de Thundermine a mis en évidence une zone aurifère affichant 5,28 grammes par tonne d’or sur 6,1 mètres, dont un passage à 7,22 g/t d’or sur 3,1 mètres. Mais au-delà des chiffres, ce qui frappe, c’est ce que ça révèle. On est en présence d’un système aurifère profond, continu, et qui semble bien plus étendu qu’on ne le pensait, dans un secteur du camp minier de Matagami qui était resté largement sous-exploré. Cette intersection se trouve à environ 200 mètres sous les derniers trous de forage des années 1980, ce qui relance complètement le potentiel aurifère de la région, longtemps resté dans l’ombre de l’exploration du cuivre et des sulfures massifs volcanogènes.

Pour Nuvau Minerals, l’idée était de vérifier si les indices aurifères historiques, parfois prometteurs, mais jamais validés de façon systématique, tenaient la route et pouvaient être étendus. Bastien Fresia, directeur des services techniques, indique que l’équipe a dû reprendre toutes les vieilles données, souvent incomplètes, pour en tester la crédibilité : « On compilait l’info, on vérifiait ce qui avait été fait avant pour voir si on pouvait reproduire ces valeurs et retrouver les systèmes aurifères ou cuprifères. »

Le travail n’a pas été de tout repos, certains tubages de forage étaient introuvables et il a fallu recouper des archives aériennes. Malgré tout, les équipes ont réussi à repositionner une partie des anciens forages et à confirmer que les zones à haute teneur des années 1980 se trouvaient bel et bien dans un corridor minéralisé cohérent.

Un système aurifère potentiellement vaste et encore largement ouvert

Cette validation change la donne. Elle permet aujourd’hui d’intégrer ces données historiques dans un modèle géologique modernisé, tout en ouvrant la porte à une exploration plus agressive, en profondeur comme latéralement. « Avec cette intersection, on vient de prouver que le système aurifère découvert dans les années 80 est bien là », souligne Bastien Fresia. La présence d’une enveloppe aurifère plus large, notamment 45,90 mètres à 0,24 g/t d’or, témoigne d’un système hydrothermal étendu et varié.

Une reprise estivale stratégique malgré les contraintes du terrain

La campagne hivernale a dû s’arrêter plus tôt que prévu, à cause de la fonte rapide de la neige qui a rendu le terrain trop instable pour la foreuse. L’été apporte aussi son lot de défis : restrictions liées aux incendies, accès forestier réglementé, gestion de l’eau. Malgré ces obstacles, les équipes ont planifié une reprise méthodique. Plusieurs plateformes de forage ont été définies pour permettre à la fois de valider définitivement les intersections historiques et d’explorer la continuité latérale et verticale du système aurifère. « On a déterminé un certain nombre de pads de forage à partir desquels on va pouvoir intersecter les forages historiques et étendre notre exploration », précise Bastien Fresia.

Le camp minier de Matagami, longtemps associé au zinc et au cuivre, pourrait bien voir émerger un nouveau chapitre aurifère. Les intersections profondes, la confirmation d’un système hydrothermal robuste et la présence d’altérations typiques des sulfures massifs volcanogènes indiquent un potentiel minier bien plus vaste que ce que les données historiques laissaient présager. Concrètement, ça signifie un regain d’intérêt pour l’exploration aurifère régionale, la possibilité d’un gisement de nouvelle génération, une diversification économique pour Matagami, et un coup de pouce pour attirer les investisseurs.