
Démesure nordique : pourquoi Radisson et l'« escalier de géant » méritent votre prochain voyage

En plein cœur de la Jamésie, là où la forêt boréale s'étend à perte de vue, la localité de Radisson abrite l'un des trésors d'ingénierie les plus spectaculaires au monde. Entre nature sauvage et prouesses souterraines, bienvenue dans un joyau québécois qui défie l'imagination.
Oubliez ce que vous croyez savoir des voyages. Il existe un coin du Québec où l'horizon s'élargit au point de donner le vertige, et où l'homme a littéralement déplacé des montagnes. Ce lieu, c'est Radisson, porte d'entrée de l'un des plus ambitieux projets hydroélectriques jamais réalisés. Loin des sentiers battus, la Baie-James offre aux aventuriers en quête d'authenticité un dépaysement brut, monumental et, chose surprenante, étonnamment accessible.
Quand le gigantisme s'ouvre à tous
Découvrir cette région, c'est d'abord se confronter à des chiffres qui donnent le tournis. C'est exactement ce que propose Hydro-Québec avec ses visites industrielles, une tradition d'accueil bien rodée qui attire chaque été des curieux des quatre coins du globe : « Se rendre à la Baie-James, visiter nos installations, c'est découvrir le plus important site de production d'énergie en Amérique du Nord. L'immensité du génie humain s'offre à vous », explique Patrick Compartino, conseiller en relations avec le milieu pour le Nord-du-Québec chez Hydro-Québec.
Photo : Hydro-Québec Vue aérienne de l'aménagement Robert-Bourassa (La Grande-2), de l'évacuateur de crues et du réservoir En tête d'affiche, la centrale Robert-Bourassa, anciennement LG2. Une véritable cathédrale creusée dans la roche, qui détient un record mondial, celui de la plus puissante et de la plus vaste centrale souterraine jamais construite. Un chef-d'œuvre enfoui à des centaines de mètres sous terre, que les visiteurs atteignent en autobus, s'enfonçant littéralement dans les entrailles de la planète.
L'escalier des géants et la mémoire des bâtisseurs
À l'extérieur, le paysage est marqué par des constructions titanesques, à commencer par la digue principale haute comme un immeuble de 13 étages, bâtie uniquement avec les matériaux extraits sur place et l'impressionnant évacuateur de crues.
« Chaque marche équivaut à deux terrains de football, et l'ensemble des dix marches atteint la hauteur d'un building de 53 étages. C'est colossal, et c'est probablement ce qui impressionne le plus. »
Mais la Baie-James, ce n'est pas que du béton et de l'eau. C'est d'abord une saga humaine. Le Parc commémoratif des bâtisseurs rend hommage aux 100 000 personnes, des ingénieurs de génie au personnel soignant, qui ont façonné cette région. Pour ceux qui veulent prolonger l'expérience, Hydro-Québec propose aussi des parcours autonomes grâce à l'application mobile «Le Rallye des visites», pour découvrir l'histoire locale à son rythme.
Depuis peu, un nouveau symbole trône au cœur de Radisson, la toute première roue de turbine du site, inaugurée par René Lévesque dans les années 70, est désormais exposée en plein air. Un décor parfait pour immortaliser l'aventure en photo.
Photo : Facebook Hydro-Québec Mise en service du groupe turbine-alternateur no 9 par René Lévesque, premier ministre du Québec, lors de l'inauguration de la centrale Robert-Bourassa (LG2) le 27 octobre 1979 Le poumon de l'été jamésien
Ce savant mélange d'espaces infinis et d'exploits techniques fait des installations hydroélectriques le moteur incontournable du tourisme régional. Chefs d'État comme artistes internationaux, le site fascine depuis des décennies.
« Je crois que nos visites à la Baie-James sont l'attraction numéro un de la région. On a reçu des présidents américains, des chanteurs célèbres, des présidents français. Ça attire du monde de partout. »
L'organisation, rodée depuis les années 1970 et 1980, propose un encadrement de calibre mondial où la sécurité rime avec plaisir d'apprendre. Et le plus beau dans tout ça, c'est que l'aventure est entièrement gratuite.
Photo : Facebook Hydro-Québec Dotée d'un système d'éclairage, la roue de turbine no 9 accueille les visiteurs de Radisson, de jour comme de nuit Pour ceux qui veulent se lancer cet été, la saison s'étend de la mi-juin à la fin août. Les départs pour l'impressionnante centrale Robert-Bourassa ont lieu chaque jour à 13 h. Les lève-tôt, eux, peuvent opter pour la centrale au fil de l'eau LG1, avec une visite immersive de trois heures dès 9 h du matin.
« Il suffit de s'inscrire au moins 48 heures à l'avance. [...] Apportez des souliers fermés, c'est tout. Pour le reste, votre sourire suffit : on vous fournit un casque et des lunettes de sécurité. »
Alors, qu'attendez-vous pour faire vos bagages ? La Baie-James n'est pas une destination comme les autres. C'est une claque visuelle, un pèlerinage au cœur de notre histoire énergétique, une reconnexion brute avec la beauté sauvage du Nord. Cet été, laissez tomber les classiques, prenez la route de Radisson, et venez mesurer votre propre histoire à celle des géants.




