
Rapport 2025 : revenus et retombées économiques en augmentation pour la SDBJ

Déposé le 26 mai 2026 à l’Assemblée nationale du Québec, le rapport annuel 2025 de la Société de développement de la Baie‑James (SDBJ) confirme une année solide, tant sur le plan financier que pour les retombées économiques régionales. Avec des revenus de 155,1 M$, soit 38,7 M$ de plus qu’en 2024, l’organisme consolide son rôle d’acteur clé du développement nordique.
Des résultats financiers en forte progression
La SDBJ affiche une hausse de 33 % de ses revenus, reflet d’une rentabilité stable et d’une diversification efficace de ses activités. Les retombées économiques générées atteignent 169 M$, un niveau qualifié de « très significatif » par la direction, qui souligne l’impact direct sur les entreprises, les travailleurs et les communautés du territoire.
Photo : Hind Dekkar Alain Coulombe, président‑directeur général de la Société de développement de la Baie‑James (SDBJ), lors de l'entrevue accordée à l'Aurore InfoLe président‑directeur général Alain Coulombe attribue cette croissance à la variété des leviers mobilisés : « L’augmentation des mandats confiés par Hydro‑Québec et par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), ainsi que les revenus du relais routier du km 381, ont contribué à cette performance. » Le fonds d’investissement minier NQIM, cogéré avec l’Administration régionale Baie‑James (ARBJ), a également connu une année exceptionnelle.
Un fonds minier particulièrement dynamique
L’année 2025 a été marquée par un nombre record d’investissements dans des sociétés d’exploration. Selon M. Coulombe, « la stratégie a consisté à soutenir des projets variés tout en misant sur des entreprises plus solides, notamment dans le secteur aurifère, afin de mieux gérer le risque du portefeuille. » La hausse du prix de l’or a amplifié les rendements et renforcé la capacité du fonds à générer des revenus autonomes.
Des retombées économiques concrètes
Les activités de la SDBJ ont permis de verser des salaires à une main‑d’œuvre entièrement régionalisée et d’attribuer une part importante des contrats à des entreprises locales. En 2025, 43 % des contrats d’entrepreneurs ont été octroyés à des acteurs de la région, et 50 % des contrats globaux à des fournisseurs régionaux. Pour maintenir et accroître cette proportion, la SDBJ impose désormais des cibles de retombées dans ses appels d’offres. Les entreprises doivent générer entre 30 et 35 % de retombées régionales, sous peine de pénalités en cas de non‑respect.
Plusieurs ententes stratégiques ont été conclues en 2025 afin de renforcer la capacité économique du territoire. L’aérodrome de Nemiscau fait désormais l’objet d’une gestion conjointe entre la SDBJ, via la Société de portefeuille Aakutaah, et la Nation crie de Nemaska. Cette entente permet l’ouverture au public de l’infrastructure et marque une transition vers une véritable gestion aéroportuaire, favorisant le développement de compétences locales et l’émergence d’un écosystème économique incluant transport, restauration, hôtellerie et location de véhicules.
À Matagami, une entente avec la Ville permet à la SDBJ d’exploiter la cour de transbordement, renforçant l’intégration entre le rail, la route et le transport aérien. Par ailleurs, un partenariat avec le Gouvernement de la Nation crie et la Société du Plan Nord (SPN) vise à soutenir l’entrepreneuriat autochtone, consolidant le rôle de la SDBJ comme catalyseur de développement local.
Un réseau routier stratégique
La SDBJ gère un réseau de 2 500 km de routes, incluant la route Billy‑Diamond, la route du Nord, la Transtaïga et plusieurs accès aux communautés cries. La coordination avec Hydro‑Québec et le MTMD demeure essentielle pour optimiser les interventions. Grâce à des ressources entièrement régionalisées, l’organisation peut répondre rapidement aux besoins des clients, à moindre coût, un atout majeur dans un contexte nordique exigeant.
Pour les prochaines années, la SDBJ souhaite poursuivre sa croissance dans une logique de responsabilité et de concertation. L’objectif est qu’à terme, l’ensemble des activités contribue directement aux entrepreneurs locaux. L’organisation mise sur l’innovation, la diversification et l’amélioration continue de ses pratiques, tout en respectant le rythme de développement souhaité par les communautés. « Ce n’est pas la croissance pour la croissance, mais pour faire mieux et faire plus, avec la collaboration des gens du milieu », insiste M. Coulombe. Les prochaines années seront donc déterminantes pour consolider cette dynamique et poursuivre la construction d’un modèle nordique fondé sur l’innovation et la durabilité.




