
Plus d’élèves, moins de cellulaires, plus d’ambition : le CSSBJ mise sur l’action

Les élèves du Centre de services scolaire de la Baie-James entament une nouvelle année scolaire, rejoignant les établissements après le retour préalable des enseignants et du personnel de soutien. Répartis entre le préscolaire-primaire et le secondaire, les quelque 1 732 élèves amorcent leur parcours dans un environnement à la fois stimulant et porteur de défis, reflet des réalités éducatives propres à la région.
Cette hausse de 53 élèves par rapport à l’année précédente est perçue comme un signal positif dans une région où la démographie scolaire est souvent fluctuante. « C’est encourageant, cela témoigne d’une certaine vitalité dans nos communautés », souligne Michel Laplace, directeur général du CSSBJ.
Recrutement : un défi toujours présent
Malgré les efforts constants, le recrutement du personnel demeure un enjeu structurel. Sur les 164 enseignants prévus, huit postes restent vacants, principalement en adaptation scolaire. Les métiers liés à l’éducation spécialisée sont également touchés.
À Matagami, le directeur de l’école primaire Galinée, Marco Alexandre Kavanagh, reste confiant : « Trois postes d’éducatrice spécialisée sont encore à pourvoir, mais comme l’an dernier, nous devrions réussir à les combler. »
Du côté du secondaire Le Delta, la directrice Vanessa Tanguay indique que 80 % du personnel est qualifié, un taux jugé satisfaisant dans le contexte actuel.
Michel Laplace relativise l’impact de cette pénurie : « On a réussi à maintenir et même bonifier certains services, notamment la francisation. Chaque école analyse ses priorités pour répondre aux besoins essentiels. »
Recrutement international : une réponse stratégique
Face aux difficultés locales, le CSSBJ mise sur le recrutement international. Cette année, 11 nouveaux enseignants venus de l’étranger rejoignent les rangs, s’ajoutant aux six déjà en poste depuis l’an dernier. Ainsi, près de 10 % du corps enseignant est désormais composé de personnel international. « C’est une richesse pour nos milieux, et cela nous permet de stabiliser nos équipes », affirme monsieur Laplace.
Nouvelles mesures : vers un encadrement renforcé
L’année scolaire s’ouvre sur plusieurs nouveautés pédagogiques. Un programme de développement des compétences personnelles et sociales est déployé au secondaire, en parallèle du renforcement du plan de lutte contre l’intimidation.
La mesure la plus marquante reste l’interdiction des cellulaires et appareils électroniques personnels sur les terrains et dans les bâtiments scolaires, du début à la fin des cours. Des exceptions sont toutefois prévues pour des raisons pédagogiques ou médicales. « Il s’agit de créer un climat propice à l’apprentissage », précise Vanessa Tanguay.
Accompagner pour mieux réussir
La réussite scolaire constitue l’un des piliers fondamentaux de l’action éducative menée par le Centre de services scolaire de la Baie-James (CSSBJ). Avec un taux régional de diplomation et de qualification atteignant 74,2 %, l’un des meilleurs jamais enregistrés dans la région, le CSSBJ affiche une volonté claire de consolider ces acquis et de viser plus haut. L’objectif fixé pour 2027 est ambitieux : atteindre un taux de 80 %, dans un contexte marqué par des défis humains et logistiques. Pour y parvenir, une série d’initiatives structurantes ont été mises en œuvre, articulées autour du soutien aux élèves et de l’accompagnement du personnel enseignant.
Parmi ces mesures, le programme d’insertion professionnelle se distingue par son rôle clé dans l’accueil et la formation des nouveaux enseignants. Dès leur arrivée, ceux-ci bénéficient d’un encadrement personnalisé, assuré par des conseillers pédagogiques et des mentors expérimentés. « Chaque nouvel enseignant est soutenu par un conseiller pédagogique et des mentors. On veut leur offrir une intégration réussie dans nos milieux », souligne Bianca Trembley, responsable du service de l’enseignement. Cette approche vise à favoriser une prise en charge rapide et efficace, tout en consolidant les compétences professionnelles dès les premiers mois.
Sur le plan pédagogique, le projet CAR (Collaborer, Apprendre, Réussir) mobilise les équipes éducatives autour du ciblage des apprentissages essentiels. Ce dispositif permet une coordination accrue entre les intervenants, afin d’identifier les besoins spécifiques et d’y répondre de manière concertée. En parallèle, la francisation des élèves issus de l’immigration constitue un autre axe stratégique, visant à faciliter leur intégration linguistique et culturelle dans le milieu scolaire.
Pour combler les écarts de niveau et prévenir le décrochage, le CSSBJ propose également des périodes de révision et de rattrapage durant l’été, ciblant les élèves ayant accumulé des retards ou des difficultés.
Enfin, le mentorat et l’accompagnement des enseignants formés à l’étranger occupent une place centrale dans la stratégie d’intégration. Des activités telles que les cafés pédagogiques permettent d’aborder les spécificités du système éducatif québécois, les attentes comportementales et les réalités propres à la clientèle scolaire locale.
Sécurité et mobilisation communautaire
La sécurité des élèves est également au cœur des préoccupations. Le CSSBJ participe à la campagne régionale « Fais pas l’autruche », visant à sensibiliser autour du transport scolaire. Tous les acteurs sont mobilisés : élèves, parents, brigadiers, Sûreté du Québec… et même « Madame Vigie », l’autruche emblématique de la campagne. Des actions complémentaires sont prévues à l’automne, notamment des publicités radio et des initiatives pour encourager les comportements positifs.
Malgré les défis persistants, pénurie de main-d’œuvre, contraintes budgétaires, enjeux d’équité, le Centre de services scolaire de la Baie-James affiche la volonté de bâtir un environnement éducatif inclusif, sécuritaire et performant.