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Nord-du-Québec : les élus de la Baie-James face à l'attractivité touristique et économique

Nicolas Fivel
Pour mieux comprendre ces enjeux, plusieurs maires et mairesses de la région partagent leurs perspectives et initiatives locales.
Publié le 31 mars 2025 par Nicolas FivelFlickr

Un territoire aux multiples atouts

La Baie-James, avec ses vastes territoires sauvages, ses ressources naturelles abondantes et ses opportunités économiques uniques, possède un fort potentiel d’attractivité. Pourtant, la région fait face à un double défi : attirer davantage de touristes tout en convainquant les travailleurs de s’y installer durablement.

Afin d’analyser ces enjeux, l’Aurore Info a recueilli les témoignages de quatre maires et mairesses de la région : René Dubé (Matagami), Manon Cyr (Chibougamau), Guy Lafrenière (Lebel-sur-Quévillon) et Jacques Fortin (Chapais). Ensemble, ils décrivent les difficultés rencontrées ainsi que les initiatives mises en place pour améliorer l’attractivité du territoire.

Un potentiel touristique à développer

Chaque année, des amateurs de plein air, de chasse, de pêche et de motoneige viennent découvrir la Baie-James. Cependant, les infrastructures d’accueil demeurent un enjeu majeur. « On a une belle place pour le tourisme. Il nous en manque encore, je regarde les terrains de camping de Lebel-sur-Quévillon, Chapais et Matagami qui sont pleins de touristes l’été, mais il faut aller plus loin que ça », explique Guy Lafrenière.

Jacques Fortin, maire de Chapais, met en avant l’importance d’évènements comme le Festival du doré Baie-James. « Notre festival attire des visiteurs de partout au Québec », souligne-t-il, tout en regrettant le manque d’hébergement et de restauration. Pour remédier à cela, Chapais travaille avec la Corporation de développement économique pour créer de nouvelles attractions. « Un projet d’exposition sur l’histoire et l’environnement de Chapais est en développement », ajoute-t-il.

Du côté de Matagami, René Dubé met en avant des projets structurants, comme la reconstruction de l’Hôtel Matagami prévue pour le printemps 2025 et la construction d’un Microtel en 2026. « Avec ces projets, on sera en meilleure position pour répondre aux besoins touristiques », affirme-t-il.

Cependant, au-delà des infrastructures, c’est toute une expérience touristique qui doit être repensée. Guy Lafrenière insiste sur l’importance de proposer des services diversifiés : « Les motoneigistes couchent dans nos villes, mangent ici. Nos quatre villes sont toutes d’accord sur la construction de nouveaux hôtels, mais ça prend aussi des promoteurs et des restaurants. Et en ce moment, partout au Québec, les restaurants ferment. »

Rétention des travailleurs : un enjeu crucial

Au-delà du tourisme, la Baie-James doit aussi attirer et retenir une main-d’œuvre qualifiée. « On travaille avec le gouvernement du Québec pour favoriser l’implantation de garderies et proposer des mesures fiscales incitatives », explique Manon Cyr, mairesse de Chibougamau.

Cependant, le phénomène du Fly-in Fly-out complique la situation. Jacques Fortin le décrit comme « néfaste, voire destructeur » pour l’économie régionale. « Si on veut voir la Baie-James prospérer, il faut absolument développer la deuxième transformation des ressources naturelles », estime-t-il.

Pour sa part, René Dubé met en avant l’importance de l’image de la région : « Il faut que les gens gardent une bonne image de Matagami. Nous sommes un passage incontournable vers la Baie-James. »

Une vision commune pour un avenir prometteur

L’avenir de la Baie-James repose sur une stratégie double : développer l’attractivité touristique tout en favorisant l’implantation durable de nouveaux résidents. L’amélioration des infrastructures, la collaboration entre municipalités et le développement de la deuxième transformation sont autant de pistes à explorer.

Grâce aux efforts conjugués des acteurs municipaux et économiques, la Baie-James semble avoir toutes les cartes en main pour s’imposer comme un pôle attractif pour les visiteurs et les travailleurs en quête de nouvelles opportunités.