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Mois de la prévention de la fraude : vigilance accrue pour protéger les aînés du Nord-du-Québec

Nicolas Fivel
Les autorités recommandent de vérifier toute communication suspecte et de ne jamais transmettre d’informations personnelles ou bancaires sans confirmation préalable.
Publié le 2 mars 2026 par Nicolas FivelPhoto : Pexels

Le Mois de la prévention de la fraude s’est officiellement amorcé le 1er mars et se poursuivra jusqu’au 31 mars prochain. À cette occasion, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a lancé un appel à la vigilance, particulièrement à l’égard des aînés, davantage exposés aux cyberfraudes.

Pour Luc Néron, directeur général de la Table régionale de concertation des aînés du Nord-du-Québec, la sensibilisation doit être renforcée auprès de ce public plus fragile, afin d'en limiter les conséquences financières et psychologiques.

Un contexte régional propice aux arnaques

D’après M. Néron, certaines réalités propres au territoire peuvent malencontreusement favoriser les tentatives d’arnaque.

« Dans le Nord-du-Québec, le fait d’avoir un isolement géographique ou d’être éloigné de certains services, a contrario parfois une confiance élevée dans les communications officielles, ça peut particulièrement augmenter les fraudes envers les aînés », explique-t-il.

Le phénomène n’est pas cantonné à la région, puisqu'à l'échelle provinciale, les cyberfraudes font l’objet d'une hausse généralisée, un constat qu’il qualifie de « documenté ».

Deux types de fraude particulièrement privilégiés

Dans la région, deux types de fraude touchent plus spécifiquement les aînés.

La première, bien connue, est la fraude dite « grands-parents ». Elle consiste à contacter une personne âgée en se faisant passer pour un enfant ou un petit-enfant en situation de détresse, le tout marqué par un ton urgent et dramatique, destiné à provoquer la panique et à pousser la victime à envoyer rapidement de l’argent.

Toutefois, l’évolution technologique, notamment l’avènement de l'intelligence artificielle, complique davantage la situation pour l’interlocuteur. Les fraudeurs peuvent désormais imiter des voix ou personnaliser leurs messages, rendant la tromperie encore plus crédible.

La seconde forme — moins répandue, mais tout aussi ravageuse — est la maltraitance financière. Elle survient lorsqu’un enfant, un petit-enfant, un ami ou un proche aidant abuse de la confiance d’une personne âgée pour subtiliser des fonds via divers moyens de paiement, par exemple en utilisant subrepticement une carte bancaire.

Des réflexes simples pour se protéger

Le directeur général souligne également qu’il ne faut, sous aucun prétexte, transmettre de renseignements personnels ou bancaires par téléphone, par message texte ou par courriel. La méfiance est tout autant de mise face au porte-à-porte non sollicité ou aux liens hypertextes douteux.

« Si les messages contiennent des fautes d’orthographe ou s’il y a un ton urgent dans le courriel, c’est un signe qu’il y a anguille sous roche. […] Il faut toujours prendre le temps de vérifier ou appeler un proche, la banque, ou un organisme concerné », rappelle Luc Néron, insistant sur l’importance de développer des réflexes de prudence face à ces risques.