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Christine Fréchette devient première ministre : le Nord-du-Québec fait part de ses attentes

Nicolas Fivel
À l’échelle nord-québécoise, les élus régionaux attendent des actions concrètes pour mieux répondre aux réalités du territoire.
Publié le 14 avril 2026 par Nicolas FivelLa première ministre Christine Fréchette durant son discours de victoire à Drummondville, le 12 avril 2026 / Photo : Facebook de Christine Fréchette – députée de Sanguinet à l'Assemblée Nationale

Au terme de la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ), le dimanche 12 avril 2026, Christine Fréchette a été élue à la tête du parti et devient ainsi la 33e première ministre du Québec, succédant à François Legault. Avec 57,9 % des voix, elle devance Bernard Drainville et entre dans l’histoire comme la deuxième femme à diriger la province, après Pauline Marois de 2012 à 2014.

Si ce changement de gouvernance marque un tournant politique au Québec, il suscite également de nombreuses attentes de la part des élus dans les régions éloignées, y compris dans le Nord-du-Québec.

Une nouvelle cheffe avec un regard tourné vers l’énergie

Forte de son expérience comme ministre de l’Immigration, puis de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette entend miser sur le développement économique du Québec, incluant l’exploitation des ressources minières.

Dans la région, cette vision est accueillie avec intérêt, mais aussi avec prudence. Auprès de l’Aurore Info, le maire de Matagami, René Dubé, souligne l’importance de ne pas réduire le territoire à ses seules richesses naturelles.

« Le fait de mettre les régions ressources au premier plan, c’est très bien, mais au-delà de la richesse des matières premières, il y a la richesse de ceux qui habitent le territoire qui est important », rappelle-t-il.

Des réalités nordiques (encore) trop peu reconnues

Pour les élus du Nord, l’arrivée d’une nouvelle première ministre représente une occasion de faire entendre les revendications d'une population « souvent oubliée » : l’éloignement géographique, le coût de la vie plus élevé et l’accès limité aux services essentiels figurent parmi les enjeux majeurs.

René Dubé insiste sur ces disparités bien réelles entre les régions : « Ça coûte beaucoup plus cher d’habiter dans le Nord. Il faut en tenir compte, tout comme le fait qu’on a un organisme régional qui est l’Administration régionale Baie-James (ARBJ) où l’on a présenté à maintes reprises des dossiers. »

Selon l'édile, les autorités gouvernementales sont bien informées de ces enjeux, mais tardent encore à poser des gestes concrets pour corriger la situation.

L’occupation du territoire, enjeu majeur pour les élus

Au-delà des discours, les élus régionaux attendent désormais des décisions tangibles. Le maire de Matagami évoque notamment la nécessité de mesures ayant un impact direct sur le portefeuille des citoyens, comme l’allègement des coûts liés au transport médical — un enjeu crucial pour les populations éloignées.

M. Dubé insiste également sur l’importance « primordiale » de l’occupation du territoire, comme facteur clé pour assurer le développement pérenne des régions nordiques. Dans cette optique, la nomination du prochain ministre responsable du Nord-du-Québec sera scrutée de près, que ce soit le maintien de Ian Lafrenière ou l’arrivée d’un nouveau visage.

Entre espoir et réserve : à la recherche d'une approche équilibrée

Si l’élection de Christine Fréchette est saluée par le maire, elle s’accompagne d’une certaine réserve dans le Nord. Les promesses de développement économique, spécifiquement dans le secteur minier, devront se traduire par des retombées concrètes pour les communautés locales.

René Dubé conclut en appelant à une approche équilibrée, où les ambitions économiques ne se feraient pas au détriment des réalités du territoire. En somme, sans la participation des citoyens qui y vivent, aucun projet ne pourrait réellement prendre vie.