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Matagami : l'Agora Boréale signe un « très beau succès » pour son 2e souper interculturel

Nicolas Fivel
Entre découvertes culinaires et discussions chaleureuses, l’organisme poursuit sa mission de favoriser la mixité sociale à la Baie-James.
Publié le 12 février 2026 par Nicolas FivelDe gauche à droite : Mandy Gull-Masty, ministre des Services aux Autochtones du Canada et députée d'Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou ; Shirley Izidore, directrice de l’Agora Boréale ; Simon Hotte, adjoint de circonscription Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou ; Adolfo Ortega, chargé de projet de l’Agora Boréale / Photo : Gracieuseté Agora Boréale

Alors que le Mois de l’histoire des Noirs bat son plein, l’association interculturelle l'Agora Boréale, établie à Lebel-sur-Quévillon, multiplie les initiatives pour favoriser les échanges et le rapprochement entre les différentes communautés présentes à la Baie-James.

À Matagami, le souper interculturel du samedi 7 février a rassemblé citoyens de longue date et nouveaux arrivants autour d’une même table, illustrant la volonté de créer de véritables ponts dans un contexte nordique où les occasions de rencontres peuvent être limitées.

Encourager la mixité sociale en région éloignée

Organisée à la Fabrique de la paroisse du Sacré-Cœur de Matagami, cette seconde édition du souper interculturel a attiré un large éventail de participants, ce qui réjouit particulièrement la directrice de l’organisme, Shirley Izidore.

« J’ai surtout remarqué la diversité de gens présents. Nous avions des personnes issues de l’immigration, c’est-à-dire de nouveaux arrivants à Matagami, mais aussi une bonne représentation des personnes de Matagami », souligne-t-elle.

Dans un territoire où l’éloignement géographique et l’isolement sont ancrés, ces moments de convivialité permettent concrètement d’encourager une mixité sociale de façon naturelle autour d’expériences et de récits partagés, selon Mme Izidore.

Si elle qualifie l’évènement de « très beau succès », la directrice souhaite néanmoins que l’initiative prenne davantage d’ampleur dans les prochaines années, notamment en misant sur le bouche-à-oreille pour attirer un public toujours plus large.

Au menu : un véritable tour du monde des saveurs

La soirée a offert aux convives un véritable tour du monde gastronomique. Ceux-ci ont pu déguster de l’agneau burkinabé, du poulet yassa et du couscous sénégalais, du poulet caraïbéen d’inspiration haïtienne ou encore du bœuf malgache.

« C’est une opportunité de découvrir les mets d’ailleurs et de discuter avec les gens qui les ont préparés et mangés, et qui finissent par découvrir une autre façon de cuisiner. Ça va faire en sorte que les gens vont de plus en plus participer, parce que ça a été le même phénomène à Lebel-sur-Quévillon », explique Shirley Izidore.

En effet, un autre souper interculturel est d’ailleurs prévu le samedi 21 février à la salle des Chevaliers de Colomb de Lebel-sur-Quévillon. Comme pour l’édition matagamienne, les participants devront se procurer un billet à l’avance en contactant l’association.

L’art au service de la valorisation des parcours

Plus tôt dans la journée du 7 février dernier, la Galerie d’art Au de Matagami accueillait une autre activité marquante du Mois de l’histoire des Noirs : un duel artistique animé par Adolfo Ortega, chargé de projet de l’Agora Boréale. Les personnes présentes étaient invitées à créer une œuvre inspirée du célèbre chanteur jamaïcain Bob Marley, figure emblématique de l’identité afro-caribéenne.

L’artiste en arts visuels Judith Dimentberg présentant son prix remporté lors du duel artistique, le 7 février 2026Photo : Nicolas FivelL’artiste en arts visuels Judith Dimentberg présentant son prix remporté lors du duel artistique, le 7 février 2026

L’évènement s’est déroulé dans une atmosphère chaleureuse, réunissant artistes amateurs et professionnels. Parmi eux, Judith Dimentberg, artiste en arts visuels, a vu son œuvre recevoir le coup de cœur du public. « J’ai été surprise de recevoir le plus de mentions, j’ai beaucoup aimé l’œuvre de l’adolescente qui était aussi là. C’est vraiment un bon thème pour le Mois de l’histoire des Noirs », confie-t-elle auprès de l'Aurore Info.

À travers ces initiatives rassembleuses, l'Agora Boréale confirme sa volonté de faire du Mois de l’histoire des Noirs un moment d’ouverture, de dialogue et de valorisation des parcours qui, aujourd’hui, façonnent la Baie-James.