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Matagami actualise son entente intermunicipale et modernise son organisation de sécurité civile

Hind Dekkar
Hôtel de Ville de Matagami
Publié le 26 mai 2026 par Hind DekkarHôtel de Ville de Matagami / Photo : Hind Dekkar


Lors de sa 989ᵉ séance ordinaire, tenue le 12 mai 2026, le Conseil municipal de Matagami a consacré une partie importante de ses travaux à deux dossiers structurants, la renégociation d’une entente intermunicipale avec le Gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie‑James (GREIBJ) et la mise à jour de l’organisation municipale de sécurité civile. Ces démarches, essentiellement techniques mais déterminantes, visent à adapter les outils de gestion municipale aux réalités actuelles.

L’entente liant Matagami au GREIBJ porte notamment sur la facturation et la prestation de services en matière d’incendie et de gestion des déchets. Elle arrivera à échéance le 31 décembre 2026. Conformément aux modalités juridiques prévues, la Ville devait aviser formellement son partenaire avant une date charnière si elle souhaitait en renégocier certains aspects, ce qu’elle a fait par le vote d'une résolution officielle.

Ce type d'accord de mutualisation est crucial dans le Nord-du-Québec, où l'immensité du territoire et la faible densité démographique obligent les administrations à partager leurs infrastructures pour optimiser les coûts. Le maire René Dubé a expliqué que cette démarche vise à ajuster l’entente à l'inflation galopante des dernières années, ainsi qu'aux coûts réels et aux besoins actuels de la municipalité. Selon lui, les municipalités doivent composer avec des charges d'exploitation et de maintenance croissantes, ce qui rend nécessaire une révision immédiate des modalités financières. Il précise : « On veut revoir certaines modalités pour avoir des échanges constructifs et tenir compte des changements que les villes doivent absorber. »

Le conseil a également adopté une résolution officialisant la structure de l’organisation municipale de sécurité civile (OMSC). Cette mise à niveau s'inscrit en droite ligne avec les exigences strictes de la « Loi sur la sécurité civile » du Québec (RLRQ, c. S-2.3), qui impose aux municipalités de se doter d'un plan d’urgence à jour pour faire face aux aléas climatiques et technologiques. Cette structure définit de manière chirurgicale les rôles, les responsabilités et les mécanismes de coordination en cas d’incident majeur.

Pour une ville comme Matagami, entourée de massifs forestiers et située sur un axe de transport stratégique, la gestion du risque est une priorité absolue. Le maire René Dubé rappelle que cette organisation révisée doit permettre une intervention claire, fluide et efficace lors d’un eventuel sinistre. Il souligne : « Il est important d’avoir une bonne coordination entre ce qui se passe et la façon d’agir. »

Cette organisation locale s'articule autour d'une structure standardisée par le ministère de la Sécurité publique (MSP). Elle regroupera, d’une part, une direction composée des coordonnateurs municipaux et des élus responsables ; d’autre part, un soutien logistique et administratif réunissant les services des communications, des finances et des équipes techniques. S’y ajouteront enfin les équipes de terrain, chargées notamment du transport, de l’assistance aux personnes sinistrées qu’il s’agisse d’hébergement ou d’alimentation ainsi que de l’intervention de la brigade incendie locale.

La Sûreté du Québec (SQ) y jouera également un rôle central, notamment pour les missions de contrôle des accès, de maintien de l'ordre et de protection des biens. L’ensemble vise à assurer une réponse cohérente et rapide en cas d’urgence, en clarifiant les lignes de commandement de chaque intervenant et en facilitant la mobilisation immédiate des ressources logistiques.