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Manque de places en CPE : la Baie-James face à un défi grandissant pour les familles qui souhaitent s’y installer

Nicolas Fivel
L’organisme régional travaille étroitement avec le ministère de la Famille pour trouver des solutions afin de mieux répondre aux besoins des familles et soutenir leur installation à l’échelle régionale.
Publié le 6 juillet 2026 par Nicolas FivelPhoto : Unsplash

Un déficit de places préoccupant pour l’ARBJ

Le manque de places en Centre de la petite enfance (CPE) continue de représenter un enjeu prégnant pour de nombreuses familles de la Baie-James. Réuni en juin dernier à Chibougamau, le conseil d’administration de l’Administration régionale Baie-James (ARBJ) a dressé un portrait préoccupant de la situation, démontrant que plusieurs municipalités et localités de la région peinent à répondre à la demande croissante en services de garde.

« Il y a toutes sortes d’outils au ministère de la Famille pour évaluer le nombre de places manquantes où l’on évalue le manque de places à couvrir en CPE. Le Ministère a un modèle d’estimation de l’offre et de la demande en services de garde éducatifs à l’enfance qui implique plusieurs indicateurs », rappelle la directrice générale de l’ARBJ, Marie-Claude Brousseau.

Entre 2025 et 2028, les projections font état d'un manque de 74 places dans le secteur de Chibougamau-Chapais, alors que 276 y sont actuellement disponibles.

La situation est également compliquée à Lebel-sur-Quévillon, où il manque 16 places malgré une capacité actuelle de 55 places. À Matagami, le déficit est évalué à 13 places pour une offre permanente de 38 places.

À l'inverse, d’autres municipalités semblent mieux répondre à ces besoins. Le Gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James (GREIBJ) constate un équilibre, voire un léger surplus de places offertes. C'est notamment le cas pour le CPE de Valcanton et la garderie de Radisson.

D’autres répercussions sur l’économie de la Baie-James

Pour l'Administration régionale Baie-James, le manque de places en garderie dépasse largement la simple difficulté à trouver un service de garde pour son enfant. Les conséquences se répercutent directement sur le marché du travail et l'économie régionale.

Marie-Claude Brousseau souligne que plusieurs parents, particulièrement les mères, sont contraints de retarder leur reprise du travail faute de places disponibles. « Le manque de places en CPE a plusieurs impacts. Ça prive plusieurs parents d’un retour au travail, donc ça nous prive de gens — bien souvent des femmes — sur le marché du travail. La situation familiale repose souvent plus sur les épaules des mamans que [sur celles] des papas dans les premières années », confirme-t-elle.

En outre, l'ARBJ estime que cette situation peut ralentir l'établissement de nouvelles familles dans la région : une question vitale pour les municipalités qui cherchent à attirer de nouveaux travailleurs et à assurer leur croissance démographique.

Plusieurs changements récents qui viennent accentuer la pression

Notons aussi qu'à l'automne 2024, plusieurs classes ont fermé dans différentes municipalités, notamment à Matagami, Chibougamau et Lebel-sur-Quévillon. Ces fermetures en série ont provoqué une pression supplémentaire sur les centres de la petite enfance qui ne disposent ni des locaux nécessaires ni du personnel requis pour accueillir davantage d'enfants. À l’époque, les établissements avaient dû s'adapter à l'arrivée des maternelles 4 ans.

Ces ajustements successifs obligent aujourd'hui les CPE à revoir leur fonctionnement afin de répondre aux besoins des familles, malgré des ressources limitées. Pour l'Administration régionale Baie-James, la prochaine étape consiste désormais à poursuivre son action auprès des organismes et du gouvernement du Québec pour repérer d’éventuelles solutions durables.

« Le gouvernement vient de renouveler la stratégie gouvernementale pour attirer l’occupation et la vitalité des territoires. Une des priorités dans cette stratégie pour notre région, c’est tout le parcours éducatif des jeunes, de la petite enfance à l’enseignement supérieur. […] Dans ce contexte-là, les ministères et les organismes travaillent avec nous à documenter et identifier des pistes de solution », conclut Marie-Claude Brousseau.