
FédéCP : la fermeture du bureau des agents de la faune à Matagami provoque (encore) des remous

La fermeture du bureau des agents de la faune à Matagami s'officialise en ce mois de janvier 2026. Cette décision du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs découle du non-renouvellement du bail des locaux, un choix arrêté il y a un an par le gouvernement.
Bien que la fermeture administrative était prévue de longue date, elle continue de provoquer de fortes réactions au sein de la population et chez les différents acteurs engagés dans la protection faunique sur le territoire jamésien, craignant une perte de la surveillance dans la région.
La présence humaine au cœur de la protection faunique
Le directeur de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), Marc Renaud, insiste sur l’importance d’une présence humaine irremplaçable sur le terrain. Selon lui, les technologies actuelles ne peuvent compenser entièrement l’absence d’agents déployés.
« On essaye de se rassurer aussi en se disant que ça ne diminuera pas le rôle de la protection de la faune. Pour nous, c’est la police de nos gibiers, de nos poissons, de nos caribous, de nos orignaux », affirme-t-il.
M. Renaud souligne que la proximité des agents avec le milieu permet non seulement de dissuader le braconnage, mais aussi de rassurer les citoyens qui fréquentent les forêts et les cours d’eau de la région. À ses yeux, la centralisation des opérations vers de grands centres urbains — comme Montréal, Gatineau ou Val-d’Or — va à l’encontre de la réalité du terrain.
Une opposition politique persistante
Depuis l’annonce initiale de la fermeture, plusieurs élus régionaux ont exprimé leur désaccord. Le maire de Matagami, René Dubé, ainsi que la porte-parole de l’opposition officielle en matière de faune et de parcs, Virginie Dufour, avait déjà sonné l’alarme au printemps dernier.
« Chaque fermeture de bureau est malheureusement une perte pour la protection de la faune et de notre territoire. Il y a de moins en moins d’agents et de bureaux ouverts, mais le territoire à protéger est de plus en plus grand », déclarait la porte-parole au micro de l'Aurore Info en mars 2025.
En somme, la fermeture de ce bureau alimente la crainte d’un déséquilibre entre l’étendue du territoire jamésien et les moyens alloués pour en assurer la surveillance, dans un contexte où les activités de chasse et de pêche demeurent nombreuses.
Appel à la vigilance citoyenne face au braconnage
Marc Renaud invite les citoyens et citoyennes de la Baie-James à demeurer vigilants et à signaler toute situation jugée anormale — comme le braconnage — aux autorités compétentes, même si les délais d’intervention pourraient s’allonger en raison de l’éloignement des agents.
Il interpelle également le ministère afin qu’il réaffecte des agents à proximité de Matagami et investisse dans la formation de nouveaux effectifs, malgré les contraintes budgétaires actuelles.
« On sait comment est l’être humain, puis un grand territoire comme la Baie-James sans agents de protection en permanence – ou au moins régulièrement – ça peut être inquiétant », conclut le directeur.




