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Contrat à la station d’épuration : l’Autorité des marchés publics interpelle la Ville de Chibougamau

Nicolas Fivel
À présent, la municipalité dispose de 45 jours pour présenter les correctifs apportés, lui permettant de se conformer aux recommandations de l’organisme.
Publié le 13 mars 2026 par Nicolas FivelPhoto : Freepik

La Ville de Chibougamau a reçu le 9 mars 2026 un avis formel de l’Autorité des marchés publics (AMP) à la suite de l’examen d’un contrat lié à la modernisation de sa station d’épuration des eaux usées. L’intervention de l’organisme de surveillance fait suite à une dénonciation concernant le processus d’octroi d’un contrat de 1,55 M$ pour l’acquisition de dix aérateurs.

Une dénonciation à l’origine de l’interpellation

Attribué en août 2025, il a été accordé à l’unique soumissionnaire conforme, une entreprise dirigée par les ingénieurs externes qui conseillaient également la municipalité dans ce dossier.

Une situation qui a soulevé des préoccupations quant au respect des règles d’intégrité et de gestion contractuelle pour cette municipalité nordique. Selon René Bouchard, directeur des affaires publiques et des communications de l’Autorité des marchés publics, le dépôt d'une plainte a déclenché l’examen du dossier par l’organisme.

« Il y a une dénonciation qui a été reçue à l’Autorité des marchés publics, et dans laquelle on nous signifiait que l’entreprise ou la firme — qui a obtenu le contrat pour la modernisation de la station d’épuration des eaux usées — avait été impliquée dans le processus contractuel qui avait mené à l’octroi du contrat. C’est dans ce cadre-là que l’AMP a procédé à l’analyse d’un dossier », précise-t-il auprès de l'Aurore Info.

Or, la participation de ces consultants en tant que soumissionnaires n’avait pas été balisé par la Ville, qui leur a adjugé ce contrat, et ce « malgré la situation apparente de conflit d’intérêts », affirmait l’AMP dans un communiqué publié le 10 mars.

Des correctifs attendus dans un délai de 45 jours

En vertu de ses pouvoirs de surveillance, l’AMP demande au conseil municipal de revoir ses pratiques en matière de gestion contractuelle. L’organisme recommande notamment de renforcer les mécanismes de prévention des conflits d’intérêts afin d’en assurer leur efficacité.

Par ailleurs, l’Autorité exige que les employés municipaux impliqués dans ces tâches spécifiques reçoivent une formation supplémentaire portant sur les principes fondamentaux d’intégrité et d’égalité de traitement entre les soumissionnaires.

« Dans un premier temps, une fois qu’on rend notre décision, on communique avec la Ville de Chibougamau et on lui donne un délai de 45 jours pour être en mesure de nous faire part des modalités à mettre en œuvre suivant notre recommandation. […] Généralement, les municipalités obtempèrent, suivent la formation et corrigent leur situation au bénéfice des marchés publics », avance René Bouchard.

Cette intervention de l’Autorité des marchés publics vise ainsi à renforcer la transparence et la rigueur dans les processus d’octroi de contrats municipaux, préservant la confiance du public à l'égard de l'intégrité de la Ville.