
Collisions fauniques : le ministère rappelle les bons réflexes aux automobilistes du Nord

Avec l’arrivée progressive du printemps dans le Nord-du-Québec, la grande faune reprend peu à peu ses déplacements sur le territoire. En Baie-James, où les routes traversent de vastes étendues forestières et des habitats essentiels pour les animaux, le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) invite les conducteurs à faire preuve de prudence.
« Avec la fonte des neiges et l’adoucissement des températures, plusieurs espèces, dont les orignaux et les cerfs de Virginie, se déplacent davantage pour trouver de la nourriture et de nouveaux habitats », explique Nathalie Truchon, conseillère en communication à la direction générale Eeyou Istchee Baie-James du MTMD. Dans une région caractérisée par de longues distances, cette situation augmente les probabilités de croiser un animal sur la route.
Une vigilance accrue à certains moments de la journée
Le ministère rappelle l’importance de redoubler d’attention, surtout dans les zones où des panneaux signalent la présence fréquente de cervidés. Ces indications ne sont pas installées au hasard, elles reposent sur des observations concrètes effectuées sur le terrain.
Les moments les plus à risque restent l’aube et le crépuscule, périodes où les animaux sont particulièrement actifs. Ces dangers sont encore plus marqués au printemps et en automne. Dans une région où la luminosité peut changer rapidement et où les routes sont souvent bordées de forêts épaisses, ces plages horaires demandent une vigilance constante. Mme Truchon souligne que les conducteurs doivent ralentir dès qu’ils soupçonnent la présence d’animaux à proximité. « Ce sont des animaux imprévisibles, ils peuvent surgir très rapidement », insiste-t-elle. Elle recommande aussi de freiner par petites pressions successives pour avertir les véhicules derrière et d’éviter les manœuvres brusques, qui pourraient entraîner une perte de contrôle.
Des interventions adaptées au contexte nordique
En Baie-James, le MTMD privilégie notamment le déboisement préventif le long des routes. « On accentue ces travaux depuis deux ou trois ans pour améliorer la visibilité des usagers », précise Nathalie Truchon. Cette approche est essentielle sur les longues portions isolées des routes 113, 167 et 109, où il est possible de parcourir plusieurs kilomètres sans croiser de localité.
Au besoin, le ministère installe également des panneaux lumineux temporaires pour signaler la présence d’animaux à la suite de signalements. Ces dispositifs sont utilisés, entre autres, sur les routes 167 et 113, où les orignaux sont fréquemment observés au printemps. Contrairement à d’autres régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean ou l’Outaouais, la Baie-James ne dispose pas de clôtures anti-cervidés ni de passages fauniques. L’immensité du territoire, la faible densité de population et les caractéristiques des milieux naturels compliquent la mise en place de telles infrastructures.
Des collisions qui demeurent une réalité
Entre 2021 et 2023, trente-sept collisions impliquant un orignal, un ours ou un caribou ont été enregistrées dans la région. Aucun accident impliquant un cerf de Virginie n’a été rapporté, mais leur présence a tout de même été observée, notamment sur la route 167 Nord, laissant croire à une progression de l’espèce vers le nord. Le ministère encourage les conducteurs à signaler toute présence de grande faune en appelant le 511, en précisant le kilométrage exact. Ces informations permettent d’adapter la signalisation et d’intervenir plus efficacement.
Pour le MTMD, la prévention repose avant tout sur l’attitude des conducteurs. « La meilleure protection contre les accidents avec la grande faune, c’est la vigilance des conducteurs », rappelle Mme Truchon. Dans une région où les routes sont longues, isolées et parfois monotones, rester attentif demeure essentiel.




