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Windfall : retombées locales et occupation du territoire au menu des audiences

Hind Dekkar
Hôtel de Ville de Lebel-sur-Quévillon
Publié le 2 avril 2026 par Hind DekkarHôtel de Ville de Lebel-sur-Quévillon / Photo : Facebook Ville de Lebel-sur-Quévillon


Une audience publique, concernant le projet aurifère Windfall organisée par le Comité d’examen des répercussions sur l’environnement et le milieu social (COMEX), aura lieu le 21 avril 2026 à Lebel-sur-Quévillon, puis se poursuivra à Waswanipi les 22 et 23 avril. Ces consultations constituent un passage obligé pour obtenir le certificat d’autorisation permettant de lancer la construction.

Le maire de Lebel-sur-Quévillon, Guy Lafrenière, a récemment fait le point sur les discussions en cours avec la société minière Gold Fields. À la suite d’une rencontre d’information tenue le 31 mars, il a insisté sur l’importance de s’assurer que les retombées économiques profitent concrètement à la communauté. Au cœur des échanges, la présence physique de l’entreprise dans la municipalité. L’administration locale souhaite en effet la construction d’un bâtiment dans le parc industriel, afin d’ancrer la compagnie sur le territoire : « Pas de bâtiment principal à Quévillon, pas de mine, pour qu'il y ait pignon sur rue à Lebel-sur-Quévillon et non en Abitibi ou ailleurs au Québec », a-t-il rappelé pour justifier cette exigence.

La question de l’occupation du territoire reste également centrale. Pour réduire la dépendance au transport aérien des travailleurs, la Ville et l’entreprise réfléchissent à des mesures incitatives visant à encourager l’installation durable des employés dans la région. Pour M. Lafrenière, il est essentiel de s’impliquer activement dans ce développement : « Il ne faut pas laisser la minière seule, mais on va travailler avec eux pour attirer des gens à Lebel-sur-Quévillon. » Parmi les avantages évoqués, la proximité du domicile en cas d’urgence familiale est un argument de poids, permettant à un travailleur local de rentrer chez lui en environ une heure et demie, contrairement aux contraintes liées aux vols.

Sur le plan opérationnel, Gold Fields affirme vouloir prioriser les entreprises de Lebel-sur-Quévillon et de Waswanipi pour l’octroi des contrats et les embauches, en fonction des ressources disponibles sur place. Cette volonté de proximité se reflète aussi dans l’organisation logistique. Durant la phase de construction, prévue à partir de l’été 2026, la circulation sur la route forestière 5000 sera étroitement encadrée pour assurer la sécurité. Le maire a indiqué que des mesures sont déjà mises en place : « Les gens ne pourront pas rouler plus que 70 km/h, donc pour le côté sécurité, je pense qu'ils mettent en place tout ce qu'il faut. »

Malgré l’envergure du projet, le maire se dit rassuré quant à la cohabitation avec les activités locales, s’appuyant sur son expérience personnelle dans le domaine minier. « Je connais quand même un peu les mines, j'ai fait 15 ans dans les mines. Juste la gestion de l'eau, c'est extraordinaire », a-t-il confié après une visite du site. Si les étapes prévues se déroulent comme anticipé après les consultations d’avril, la construction devrait s’étendre sur une période de 24 à 30 mois, avec un début d’exploitation commerciale envisagé vers la fin de 2028 ou 2029. Pour les élus locaux, Windfall représente « le point de départ » d’un développement minier durable dans le Nord-du-Québec.