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Cuivre, zinc et or : Nuvau mise sur un retour en force du district de Matagami

Hind Dekkar
Position de la propriété Matagami de Nuvau au Canada et dans le nord de l’Abitibi avancé dans les projets et opérations avancés
Publié le 7 avril 2026 par Hind DekkarPosition de la propriété Matagami de Nuvau au Canada et dans le nord de l’Abitibi avancé dans les projets et opérations avancés / Photo : Nuvau Minerals


Avec le lancement officiel d’un vaste programme de forage totalisant 17 500 mètres, Nuvau Minerals ambitionne de redonner de l’élan au district minier de Matagami. Appuyée par un financement de 21 millions de dollars, la société cherche à prouver que ce territoire de 1 380 km² recèle encore un potentiel notable en métaux critiques, notamment le cuivre et le zinc ainsi qu’en or.

Pour Nuvau, cette conviction repose sur des bases géologiques jugées solides. « Au niveau des métaux critiques, je pense que le potentiel de Matagami n’est plus à prouver », souligne Bastien Fresia, géologue et directeur des services techniques. Selon lui, l’héritage du district, exploité presque sans interruption depuis des décennies, constitue un argument de poids : « On s’appuie vraiment sur l’histoire d’un district qui a quand même miné quasiment en continu pendant 60 ans », rappelle-t-il.

Un district marqué par les SMV : un socle clé pour les métaux critiques

L’approche géologique de Nuvau s’appuie principalement sur la présence de gisements de sulfures massifs volcanogènes (SMV), caractéristiques de la région de Matagami. Ces formations, riches en cuivre et en zinc, sont à l’origine de mines bien connues comme Bell-Allard, Orchan, Perseverance ou encore McLeod. Dans cette continuité, Nuvau souhaite à la fois explorer de nouvelles cibles SMV, valoriser des sites déjà identifiés comme Caber ou les ressources restantes de McLeod, et intégrer des découvertes plus récentes comme Renaissance, située au nord du district.

Un positionnement stratégique pour l’or entre deux grands corridors

Bien que Matagami soit historiquement reconnu pour ses métaux de base, son potentiel aurifère suscite désormais un intérêt croissant. La propriété de Nuvau se trouve dans une zone intermédiaire, coincée entre deux grands corridors de déformation riches en or. Au nord, la zone de Sunday Lake, où l’on retrouve notamment la mine Detour Lake et le gisement de Fénelon. Au sud, la zone de Casa Berardi, qui regroupe les dépôts de Casa Berardi, Joutel et Vezza.

Cette position, longtemps peu explorée, ouvre la porte à de nouvelles perspectives. « On sait qu’il y a de l’or dans le système et on l’a même prouvé l’année dernière », rappelle M. Fresia, en faisant référence aux premiers résultats obtenus à Bracemac ainsi qu’aux anomalies aurifères identifiées dans le camp central. L’objectif pour 2026 est de mettre en place un modèle d’exploration aurifère solide à l’échelle de la propriété.

2026 : une étape clé pour valider un redémarrage

Avec un programme entièrement financé, Nuvau doit désormais produire des résultats concrets pour démontrer la faisabilité d’une reprise rapide des activités. Pour Bastien Fresia, le cuivre reste central : « Le retour à la production à Matagami, s’appuie vraiment sur le cuivre, sur les VMS. L’exploration est là pour entraîner ce redémarrage. »

Les attentes pour 2026 reposent notamment sur des résultats de forage convaincants, capables de révéler de nouvelles ressources SMV exploitables économiquement et de confirmer des cibles aurifères structurantes sur le long terme. Elles incluent aussi la réalisation d’études techniques approfondies, dont une mise à jour de l'évaluation économique préliminaire (PEA) intégrant Caber, McLeod, Renaissance et possiblement Perseverance, afin de construire un plan de production cohérent démontrant la possibilité de relancer les mines et d’utiliser le moulin existant.

En parallèle, des démarches réglementaires et sociales seront menées : études environnementales, obtention de permis et échanges avec les communautés locales. L’ensemble de ces travaux devrait mener à une étude de pré-faisabilité en 2027, puis à une remise en service du moulin en 2028, échéance visée pour la reprise des opérations.

Le territoire de Matagami présente des défis particuliers, notamment en raison de la prédominance des milieux humides. Traditionnellement, les opérations de forage y sont surtout possibles en hiver, lorsque le sol est gelé. Nuvau souhaite faire évoluer cette contrainte en adoptant des méthodes mieux adaptées. L’entreprise prévoit d’utiliser des foreuses plus légères pour réduire les impacts au sol et accéder à des zones jusqu’ici difficiles d’accès. Elle envisage aussi l’utilisation de caillebotis en bois pour stabiliser les plateformes, ainsi qu’une préparation des accès durant l’hiver afin de limiter les perturbations au printemps. Bien que ces approches permettent de réduire les impacts, certains risques subsistent, comme la compaction des sols, la perturbation de la végétation en milieux humides, l’érosion au moment du dégel ou encore des effets possibles sur l’hydrologie locale. Nuvau estime néanmoins que ces impacts resteront limités grâce à une planification rigoureuse et à une réduction du nombre de foreuses.

Assurer 15 à 20 ans de production

Au-delà de la relance, Nuvau affiche une ambition à long terme. « Notre objectif, c’est de relancer la production et de la sécuriser avec 15 à 20 ans de vie », insiste le géologue. Cela suppose une exploration continue afin de maintenir un niveau de ressources suffisant pour soutenir l’ensemble du camp minier.

Avec ce programme de forage de 17 500 mètres, Nuvau Minerals s’engage dans une phase décisive. L’entreprise doit à la fois confirmer la continuité du potentiel en SMV, valider l’existence d’un système aurifère significatif et démontrer que la relance industrielle de Matagami est viable sur les plans technique, économique et environnemental.