Logo Aurore

Bilan 2025 de la chasse à l’ours dans le Nord‑du‑Québec : une récolte forte, une population stable

Hind Dekkar
Deux ours dans la neige
Publié le 2 mars 2026 par Hind DekkarPhoto : Pexels


La saison 2025 de chasse et de piégeage de l’ours noir met clairement en évidence la vitalité de l’espèce au Québec, en particulier dans le Nord-du-Québec. Même si la récolte provinciale atteint presque des sommets historiques, les données régionales et les observations faites sur le terrain montrent que la population se porte bien. Elle bénéficie d’une pression de chasse qui demeure relativement modérée.

« Chez nous, la récolte demeure dans les niveaux auxquels on s’attendrait, ce qui est représentatif d’une population en santé », résume Guillaume Szor, biologiste responsable de l’ours à la Direction régionale de la gestion de la faune du Nord-du-Québec.

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) dresse un bilan très encourageant pour 2025. Avec 6 210 ours récoltés, la province enregistre sa deuxième meilleure année depuis le début des compilations, juste derrière 2018.

Dans le détail, 88 % des ours ont été récoltés à la chasse, tandis que 93 % de l’ensemble des prélèvements ont eu lieu au printemps. Le taux de succès global atteint 28 %, un résultat supérieur à la moyenne historique. Les non-résidents, pour leur part, affichent un taux de réussite impressionnant de 59 %, performance largement attribuable aux pourvoiries et aux réseaux fauniques bien structurés.

Zones 16 et 17 : des résultats supérieurs à la moyenne

Dans le Nord-du-Québec, les zones 16 et 17 se distinguent par des volumes de récolte importants et des taux de succès plus élevés que ceux observés ailleurs dans la province.

La zone 16 totalise 104 ours récoltés, dont 100 à la chasse et 4 au piégeage. Cette constance reflète la solidité et la résilience de la population locale. « On a une très bonne performance, avec un succès de chasse plus élevé que dans la majorité de la province », souligne Guillaume Szor. Selon lui, cette situation s’explique notamment par une ressource abondante et par une pression de chasse moins intense que dans plusieurs autres régions du Québec.

Le piégeage y demeure marginal, en raison des dispositions prévues par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, qui limite cette activité aux territoires non conventionnés. En 2025, les ventes de permis ont atteint un sommet avec environ 330 permis délivrés, ce qui représente une hausse notable. Malgré cette augmentation, le taux de succès des résidents a légèrement diminué pour s’établir à 26 %, signe d’une pression accrue, mais qui reste encore raisonnable.

La zone 17, entièrement située sur un territoire conventionné cri où seul le piégeage autochtone est autorisé, a enregistré 99 ours, tous récoltés lors de la chasse printanière. Le taux de succès y atteint 40 %, un niveau « très élevé », selon Szor. Même si ce chiffre est légèrement en baisse par rapport à 2024, il demeure nettement supérieur à la moyenne des dernières années.

Depuis 2017, la récolte dans cette zone diminue graduellement, notamment en raison d’une baisse du nombre de permis déclarés. Toutefois, l’augmentation du succès de chasse laisse croire que la population d’ours demeure robuste et bien implantée sur le territoire.

Feux de forêt de 2023 : un impact limité

Les feux de forêt survenus en 2023 avaient fortement restreint l’accès au territoire, entraînant une diminution marquée de la récolte cette année-là. Cependant, les données de 2024 et de 2025 démontrent un retour rapide à des niveaux élevés, « la faible récolte de 2023 était surtout due à l’absence de chasseurs sur le territoire. On n’a pas d’indication que les feux aient eu un effet majeur sur la population d’ours », explique Szor. Même si aucun suivi télémétrique n’est effectué dans la région pour analyser précisément les déplacements des animaux, les résultats observés par la suite confirment la capacité d’adaptation de l’espèce.

Les résultats de 2025 confirment que les zones nordiques profitent d’habitats vastes et productifs, d’une pression de chasse modérée, d’un encadrement réglementaire particulier lié aux territoires conventionnés et d’une récolte stable qui témoigne d’un équilibre au sein de la population : « On a encore une belle population d’ours et un bon succès pour les chasseurs », conclut Guillaume Szor.