
Bilan 2025 de la chasse à l’orignal dans le Nord‑du‑Québec : stabilité en zone 16, récolte modeste en zone 22 et attentes élevées pour la zone 17

La saison 2025 de chasse à l’orignal dans le Nord-du-Québec dresse un portrait plutôt encourageant. On observe une situation stable en zone 16, une récolte plus modeste mais efficace en zone 22, ainsi qu’un important travail d’inventaire en zone 17, qui demeure fermée à la chasse sportive. D’après Vincent Brodeur, biologiste et porte-parole au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, les conditions ont globalement été favorables aux chasseurs. « De façon générale, les chasseurs d’orignaux ont eu une bonne saison en 2025 », résume-t-il.
Zone 16 : une stabilité dans les années permissives
En zone 16, l’année 2025 permettait la récolte des mâles, des femelles et des veaux. Avec 407 orignaux prélevés, les résultats s’alignent sur ceux des années permissives précédentes. En 2021 et 2023, la moyenne s’établissait à 402 bêtes. « À 407, on est vraiment dans une stabilité », observe M. Brodeur. La majorité des prises concerne les mâles (256), suivis des femelles (124) et des veaux (27).
Un inventaire ancien, mais des signaux comparables
Le dernier inventaire aérien dans cette zone remonte à 2010. À l’époque, on estimait la densité à 1,17 orignal par 10 km², un niveau considéré adéquat, bien qu’inférieur à celui des régions plus au sud. Le succès de chasse ressemblait à celui observé aujourd’hui. Les années suivantes ont toutefois montré un recul, surtout chez les mâles adultes, avec des taux qui sont parfois descendus sous la barre des 7 %. Depuis, une reprise graduelle s’est dessinée, rapprochant les indicateurs de ceux de 2010.
Un point préoccupant soulevé lors de l’inventaire de 2010 était le faible ratio de mâles pour 100 femelles. Les données plus récentes issues des enregistrements de récolte laissent entrevoir une légère amélioration. Quant au nombre de chasseurs, il demeure relativement stable sur le long terme, malgré une légère baisse, d’environ 3 500 entre 2007 et 2017, à près de 3 200 en 2025.
Zone 22 : peu de prises, mais un meilleur taux de réussite
La réalité est différente en zone 22. On y dénombre 96 orignaux récoltés, un total modeste compte tenu de l’immensité du territoire, qui s’étend jusqu’au 55e parallèle et couvre plus de 300 000 km². Les mâles adultes représentent l’essentiel des prises (75), comparativement à 14 femelles et 7 veaux. « C’est une récolte relativement faible considérant l’immensité de la zone », souligne M. Brodeur.
La majorité des prises provient du sud-ouest, le seul secteur véritablement accessible et ayant fait l’objet d’un inventaire en 2023. Cet exercice avait mis en lumière une augmentation locale de la population. Toutefois, lorsqu’on compare à la situation d’il y a une dizaine d’années, les analyses suggèrent que la tendance globale pourrait être à la baisse.
Malgré ce contexte, le succès de chasse atteint 18 % en 2025, en progression par rapport aux années permissives 2021 et 2023, où il se situait autour de 15 %. En revanche, la fréquentation chute de façon marquée : seulement 526 chasseurs sportifs ont été recensés en 2025, soit environ 26 % de moins que la moyenne observée en 2019 et 2021. Après la fermeture de la zone 17 en 2022, certains craignaient un déplacement massif vers les zones voisines, mais les zones 16 et 22 ont plutôt enregistré une diminution d’achalandage. L’année 2023, marquée par d’importants feux de forêt et des fermetures prolongées, n’est pas retenue comme référence.
Zone 17 : un inventaire complété, des décisions à venir
La zone 17 reste fermée à la chasse sportive, mais un inventaire aérien complet vient d’y être achevé. « L’inventaire s’est terminé la semaine dernière avec succès », confirme Vincent Brodeur. Une centaine de parcelles ont été survolées sur un territoire d’environ 20 000 km², un échantillonnage jugé rigoureux.
Les équipes procèdent maintenant à la validation des données afin d’éviter les doublons, puis à une analyse fondée sur la qualité des habitats. Cette approche permettra d’obtenir une estimation représentative de l’ensemble de la zone. Les résultats seront soumis au Comité conjoint de chasse, pêche et piégeage, responsable de la gestion de la faune en vertu de la Convention de la Baie-James. Une présentation est prévue vers la fin mars 2026, et toute décision concernant une éventuelle réouverture dépendra des conclusions du comité.
En somme, le bilan 2025 de la chasse à l’orignal dans le Nord-du-Québec est considéré comme positif. La constance observée en zone 16, l’amélioration du succès de chasse en zone 22 malgré une récolte limitée, ainsi que l’avancement des travaux en zone 17 offrent des perspectives encourageantes pour la gestion de l’espèce.




